Pétrole au Gabon : Assala propulse GOC au premier rang

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Le rachat d’Assala Energy, considéré comme risqué lors de son lancement, a profondément renforcé la place de l’État dans le pétrole au Gabon. Deux ans après l’opération, la production résiste, de nouveaux champs entrent en exploitation et Gabon Oil Company (GOC) poursuit ses acquisitions, même si le bilan financier complet reste difficile à établir.

Le rachat d’Assala avait suscité de sérieux doutes

En novembre 2023, GOC exerce son droit de préemption sur Assala Energy, alors que Carlyle avait accepté de céder la société au français Maurel & Prom. L’opération est finalement bouclée en juin 2024 et donne à la compagnie nationale le contrôle d’actifs qui produisent alors environ 45 000 à 48 000 barils par jour.

Le principal obstacle concernait le financement. Selon S&P Global Commodity Insights, Gunvor a apporté environ 800 millions de dollars pour une transaction dépassant 1 milliard de dollars. Le trader suisse a officiellement confirmé son soutien financier, sans publier les conditions détaillées du prêt.

Cette structure avait nourri les interrogations sur la capacité de GOC à rembourser une dette importante tout en maintenant les investissements nécessaires sur des champs pétroliers matures. Elle intervenait aussi après le coup d’État d’août 2023, au moment où Brice Clotaire Oligui Nguema faisait de la souveraineté sur les ressources naturelles l’un de ses principaux marqueurs économiques.

Assala Energy maintient puis augmente sa production

Les premiers résultats opérationnels ont contredit une partie des craintes. À l’été 2025, le directeur général de GOC, Marcellin Simba Ngabi, indiquait que la production d’Assala se maintenait autour de 50 000 barils par jour et que le remboursement du prêt Gunvor se poursuivait. S&P rapportait également que 160 millions de dollars avaient déjà été remboursés à cette date.

La dynamique s’est poursuivie en 2026. Assala a annoncé en mars une découverte d’hydrocarbures à Magoga-1, tout en précisant qu’aucune décision de développement n’avait encore été prise. Le mois suivant, le groupe a lancé la production du champ Grand N’Gongui.

Ce projet repose sur un programme de 60 puits. Assala vise à terme une production de plus de 10 000 barils par jour sur Grand N’Gongui. Lors de son inauguration le 12 avril, Oligui Nguema estimait que ce développement devait faire passer la production d’Assala au-dessus de 60 000 barils quotidiens.

GOC poursuit sa stratégie avec Tullow et SMP

Le succès opérationnel d’Assala a encouragé Libreville à poursuivre sa politique d’acquisitions. En juillet 2025, GOC a finalisé le rachat des actifs gabonais de Tullow Oil pour 307 millions de dollars. Ceux-ci représentaient environ 10 000 barils par jour de production attendue.

Gunvor a de nouveau participé au financement avec un prêt de 220 millions de dollars, tandis que GOC a apporté 87 millions sur ses ressources propres. Le gouvernement avait également annoncé en mars 2025 des accords pour le rachat de la société de services pétroliers SMP Afrique.

En juin 2026, Oligui Nguema affirmait devant le Parlement que GOC disposait désormais d’une capacité proche de 90 000 barils par jour, ce qui ferait de la compagnie publique le premier producteur du pays. Les actifs d’Assala constituent le socle principal de cette montée en puissance.

Un succès opérationnel, mais un bilan financier encore incomplet

Qualifier dès maintenant le rachat d’Assala de succès financier reste néanmoins prématuré. GOC ne publie pas dans les sources ouvertes un niveau de détail suffisant sur sa dette consolidée, ses coûts de financement, les dividendes versés à l’État ou la rentabilité globale de ses acquisitions.

Le résultat opérationnel apparaît en revanche plus tangible. Assala a maintenu sa production après le changement d’actionnaire, investi dans ses champs et lancé Grand N’Gongui. La compagnie doit cependant continuer à compenser le déclin naturel de gisements matures, estimé entre 15 % et 20 % par an sur certains actifs.

Le pari d’Oligui Nguema n’est donc pas encore totalement jugé. Mais sur le terrain pétrolier, l’acquisition qui semblait particulièrement audacieuse en 2024 a déjà permis à l’État gabonais de changer d’échelle et de prendre une place centrale dans la production nationale.

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