La filière cacao en Côte d’Ivoire traverse actuellement une situation alarmante. Les exportations peinent à se réaliser, les prix internationaux sont en recul, et de nombreux agriculteurs n’ont pas reçu de paiement depuis plusieurs mois. Pour remédier à cette impasse, le gouvernement a décidé de prendre en charge les stocks accumulés dans les coopératives afin de garantir la rémunération des producteurs et stabiliser le marché.
Situation critique pour les agriculteurs
Le ralentissement des ventes et le manque de liquidités des acheteurs ont fragilisé les producteurs. Ces derniers dépendent presque entièrement du cacao pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Répercussions sur les revenus des producteurs
Beaucoup de producteurs sont privés de revenus depuis plusieurs mois. Cette situation accroît les difficultés économiques dans les zones rurales où le cacao représente la principale source de revenu. Les coopératives peinent à gérer les volumes stockés, ce qui contribue à la paralysie de la filière.
Comme l’a indiqué le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani : « L’État ivoirien va acheter l’entièreté des immenses volumes de cacao qui s’entassent dans les coopératives du pays pour permettre aux producteurs d’être enfin payés ». Cette initiative vise à soulager les producteurs et à fluidifier la chaîne logistique.
Les coûts de production élevés compliquent davantage la situation. Les agriculteurs peinent à acheter des intrants, ce qui affecte la quantité et la qualité du cacao produit. La filière devient ainsi vulnérable face aux fluctuations des prix mondiaux.
Contrebande et pression extérieure
Le cacao provenant des pays voisins, vendu à des tarifs inférieurs, exerce une pression supplémentaire sur le marché local. La contrebande contribue à l’accumulation des stocks et réduit les revenus des producteurs ivoiriens.
Le ministre a rappelé : « La filière fait face à une pression accrue liée aux flux transfrontaliers en provenance de pays limitrophes, où les prix bord-champ pratiqués sont inférieurs à ceux pratiqués dans notre pays ». Pour y remédier, des contrôles aux frontières seront intensifiés.
Rachat des stocks par l’État
Pour garantir un paiement immédiat, l’État rachètera 130 000 tonnes de cacao au prix de 2 800 francs CFA par kilo. Cette mesure vise à soulager les producteurs et à relancer la circulation du cacao sur le marché national.
Organisation et logistique
Selon le ministre, « En collaboration avec l’Organisation interprofessionnelle des producteurs de cacao (OIA) et le Conseil Café Cacao, nous allons procéder à la mise en place d’un dispositif d’achat de ce stock ». Des acteurs nationaux se chargeront de récupérer le cacao dans les zones de production et de le transporter vers des entrepôts sécurisés.
L’État avance les fonds nécessaires pour acheter le cacao, avant que les exportateurs ne rachètent les stocks. Cette démarche garantit aux producteurs un paiement rapide et évite les retards qui paralysent le secteur.
Sécurisation du marché
L’intervention permet également de limiter la contrebande et de protéger les prix pratiqués localement. Le gouvernement s’assure que le cacao reste dans le circuit légal et que les producteurs bénéficient pleinement du prix fixé par l’État.
Comme l’a précisé le ministre : « Ces dispositions permettront d’agir rapidement en zone de production, de rétablir la liquidité, de sécuriser l’évacuation vers les usines et les ports, tout en renforçant le rôle des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur ».
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Perspectives pour la filière
Cette crise met en évidence la vulnérabilité de la filière cacao, mais souligne aussi l’importance d’une intervention rapide et coordonnée. Le rachat des stocks est une mesure clé pour assurer la continuité des revenus des producteurs et stabiliser le marché.
Initiatives à long terme
Le gouvernement encourage le développement de la transformation locale du cacao et sa valorisation. Ces initiatives visent à créer de nouvelles sources de revenus, à générer des emplois et à renforcer la compétitivité de la filière sur le plan international.
Par ailleurs, la formation des producteurs et l’amélioration des pratiques agricoles permettront de construire une filière plus résiliente. Les coopératives seront renforcées, et les revenus des producteurs sécurisés, garantissant ainsi une stabilité durable pour le secteur.




