Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, des quantités massives de cacao restent stockées dans les entrepôtsfaute d’exportation. Depuis la chute des prix mondiaux en octobre 2025, la situation s’aggrave. La paralysie administrative met en difficulté des milliers de producteurs. En conséquence, le système de prix garanti ne protège plus efficacement les agriculteurs.
Pourquoi les exportations de cacao sont-elles stoppées ?
Les exportations ivoiriennes de cacao connaissent actuellement un ralentissement significatif, entraînant une accumulation des stocks dans tout le pays. Les coopératives transmettent régulièrement les connaissements au CCC. Cependant, leur traitement est très lent, ce qui empêche les ventes et paralyse la filière.
Une administration au ralenti
Selon Siriri Millogo, directeur d’une coopérative, treize demandes déposées depuis janvier 2026 n’ont toujours pas été validées. Ce processus, autrefois rapide, est désormais extrêmement long. Cette lenteur freine la distribution et laisse les producteurs dans l’incertitude quant à la commercialisation de leur cacao.
Les producteurs subissent une pression financière croissante. Les stocks continuent de s’accumuler jour après jour. Cette situation complique la gestion des coopératives et empêche de nombreuses familles de recevoir un revenu stable provenant de leurs récoltes.
Des exportateurs freinés par les quotas
Le CCC affirme que toute la production sera achetée, mais la mise en œuvre des quotas n’est pas effective. En conséquence, certains exportateurs ne peuvent pas procéder aux achats. Le retard administratif bloque donc la vente des stocks déjà produits et limite les possibilités pour les producteurs de recevoir un paiement.
Cette situation entraîne des difficultés immédiates pour les producteurs. Ils doivent attendre la validation des quotas avant de percevoir des fonds. La filière reste paralysée, ce qui accroît la pression économique sur les familles et sur les coopératives.
Des producteurs confrontés à de graves difficultés économiques
Le prix du cacao fixé par l’État, deux fois par an, est actuellement déconnecté des cours mondiaux. Le marché international est tombé à environ 5 000 dollars la tonne, contre 12 000 dollars fin 2024. Cette différence crée un manque à gagner pour les producteurs, qui peinent à couvrir leurs besoins essentiels.
Vendre à bas prix pour survivre
Laurent Koné, producteur local, raconte avoir vendu son cacao à 2 000 francs CFA la tonne, alors que le prix officiel est de 2 800 francs. Certains producteurs doivent accepter de vendre leur récolte à perte pour faire face à des besoins urgents comme des dépenses familiales ou personnelles.
Beaucoup d’agriculteurs n’ont pas suffisamment de liquidités pour couvrir leurs frais quotidiens. La paralysie des ventes oblige à écouler la production à tout prix, ce qui accentue la détresse financière des familles de producteurs.
Un mécanisme de protection inefficace
Le système de prix garantis devait protéger les producteurs contre les fluctuations du marché mondial. Pourtant, le fonds de garantie prévu n’a pas été activé, laissant les producteurs exposés aux pertes financières. Les exportateurs risquent également des pertes, mais le mécanisme censé les compenser n’est pas opérationnel.
Cette situation révèle que les producteurs ne bénéficient pas réellement de la protection attendue. Leurs récoltes restent invendues et les familles vivent dans l’incertitude économique.
L’impact sur l’économie et la société ivoirienne
Le cacao représente 14 % du PIB de la Côte d’Ivoire et soutient indirectement près d’un cinquième de la population. La paralysie des exportations affecte donc directement l’économie locale et la sécurité financière des producteurs.
Des familles dans la précarité
La stagnation des ventes et l’accumulation des stocks plongent les familles dans la pauvreté et l’incertitude. Les producteurs n’ont pas toujours les moyens de faire face aux besoins essentiels, ce qui rappelle des épisodes similaires survenus en 2017.
Les villages producteurs subissent directement les effets de cette crise. Les conséquences économiques touchent la vie quotidienne et le revenu des familles. La filière reste stratégique mais extrêmement vulnérable face aux blocages administratifs.
Une filière stratégique à l’arrêt
Tant que les quotas et les mesures d’achat garanti ne seront pas appliqués, la filière cacao restera bloquée. Les producteurs et exportateurs ne peuvent pas travailler normalement, et les effets économiques se font sentir dans toute la région.
L’avenir demeure incertain si aucune solution administrative n’est rapidement mise en place. Les producteurs restent dans l’attente, et le blocage pourrait affecter durablement la stabilité économique de cette filière cruciale pour le pays. mondial et aggraver la précarité des millions de familles dépendantes du cacao.




