C’est un rendez-vous majeur pour l’avenir du continent. Le 3ᵉ Sommet africain sur le financement des infrastructures s’est ouvert ce mardi 28 octobre à Luanda, en Angola, avec la participation de plusieurs chefs d’État, de dirigeants gouvernementaux et de responsables de l’Union africaine. Organisée par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA), cette rencontre se tiendra jusqu’au 31 octobre et vise à mobiliser des investissements massifs pour combler un déficit de financement estimé à plus de 100 milliards de dollars par an.
L’Afrique réunit ses leaders à Luanda pour repenser son avenir
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du président angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, du président comorien Azali Assoumani, du président togolais Faure Gnassingbé, du président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, du Premier ministre burundais Nestor Ntahontuye et du vice-Premier ministre égyptien Kamel Al-Wazir.
Le sommet arrive à un moment décisif : l’Afrique veut accélérer la modernisation de ses infrastructures pour soutenir son industrialisation, stimuler le commerce intra-africain et créer un marché unique de l’électricité d’ici 2040, dans le cadre du Plan directeur continental des systèmes électriques (CMP).
Un plan ambitieux pour un continent en mutation
Le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), pilier de la stratégie continentale, nécessite à lui seul 16 milliards de dollars par an pour financer des projets transfrontaliers majeurs. Ces initiatives concernent aussi bien les corridors régionaux, comme le corridor de Lobito, le LAPSSET et la route Dakar-Bamako-Djibouti, que les réseaux électriques et numériques destinés à relier les pays africains.
Dans son allocution, João Lourenço a rappelé que le financement des infrastructures constitue « l’un des piliers essentiels de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ». Il a exhorté les États membres à mobiliser toutes les ressources financières disponibles — publiques, privées et philanthropiques — pour construire des routes, des ports, des chemins de fer, des lignes électriques et des infrastructures hydrauliques durables. L’un des thèmes phares du sommet reste l’accès universel à l’énergie, un défi qui touche encore plus de 600 millions d’Africains. Les discussions porteront sur le marché unique africain de l’électricité (AfSEM) et sur les mécanismes de financement du CMP, essentiels pour réduire les inégalités énergétiques.
Parallèlement, les participants aborderont la question du numérique et de l’intelligence artificielle, considérées comme des leviers de développement stratégique. Le sommet mettra également en lumière la nécessité de renforcer la coopération public-privé pour attirer des capitaux africains — notamment les 70 milliards de dollars disponibles chaque année dans les fonds de pension et les fonds souverains du continent. Luanda se veut un espace de concertation globale. En amont de la présidence sud-africaine du G20 en 2025, cette conférence servira à positionner l’Afrique comme acteur clé du dialogue mondial sur le financement durable. Avec des projets concrets, une vision commune et un leadership assumé, le continent espère transformer cette rencontre en un véritable tournant pour son indépendance économique et énergétique.




