Au Bénin, une nouvelle interpellation secoue le paysage médiatique dans un contexte sécuritaire très tendu. La journaliste Angela Kpeidja a été arrêtée après des publications sur les réseaux sociaux, dans le sillage de la mutinerie militaire déjouée le 7 décembre. Cette affaire ravive le débat sur la liberté d’expression en période de crise institutionnelle.
Une arrestation liée aux réactions post-mutinérie
Le 7 décembre, un groupe de militaires conduit par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a investi la télévision nationale. Ils ont annoncé la destitution du président Patrice Talon. Très vite, les forces loyales ont repris le contrôle de la situation. Toutefois, l’épisode a provoqué un choc national et une riposte sécuritaire immédiate.
Dans les heures qui ont suivi, Angela Kpeidja a publié un message sur Facebook. Elle y exprimait, sur un ton ironique, son étonnement face au silence de certaines autorités militaires, notamment le chef d’état-major. Rapidement, la publication a circulé en ligne. Ainsi, les réactions se sont multipliées, entre soutien citoyen et critiques virulentes. Face à la polémique, la journaliste qui avait déjà supprimé le post incriminé, a tenté de s’expliquer en vain.
Les autorités ont sans doute estimé que ce message pouvait poser problème dans un contexte aussi sensible. Elles ont alors placé la journaliste en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs cherchent à comprendre l’intention réelle derrière cette prise de parole. L’objectif reste clair : déterminer si les propos relèvent d’une critique légitime ou d’un discours jugé dangereux pour l’ordre républicain.
Liberté d’expression et vigilance sécuritaire en débat
Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur des chefs d’accusation précis. Cependant, cette interpellation s’inscrit dans une série d’enquêtes plus larges. Depuis plusieurs jours, des militaires, des opposants et des influenceurs font aussi l’objet de procédures. Les enquêteurs soupçonnent certains d’entre eux d’avoir soutenu, minimisé ou commenté la tentative de putsch.
Angela Kpeidja ne constitue pas une inconnue dans l’espace public. En 2020, elle avait déjà marqué les esprits en dénonçant le harcèlement sexuel dans le milieu médiatique. Depuis, elle défend activement les droits des femmes et la transparence institutionnelle.




