Nouveau rebondissement sur la scène politique ivoirienne. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par l’ancien président Laurent Gbagbo, a annoncé ce jeudi 6 novembre qu’il ne participerait pas aux élections législatives prévues le 27 décembre prochain. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes, deux semaines après la présidentielle du 25 octobre, à laquelle la candidature de Laurent Gbagbo avait été invalidée. Contestant toujours le résultat du scrutin présidentiel, le parti opte pour une nouvelle stratégie de boycott.
Un contexte politique « délétère », selon le PPA-CI
Dans un communiqué officiel publié après un comité central tenu en soirée, le PPA-CI a motivé son retrait par « l’absence de conditions pour des élections crédibles » et par « un environnement socio-politique délétère », marqué selon lui par « la répression, les persécutions et le harcèlement judiciaire » en Côte d’Ivoire. Le parti fait notamment référence aux arrestations qui ont suivi ses appels à manifester après l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo.
Cette décision n’a pas été unanime lors du comité central : selon plusieurs sources internes, le débat a été vif. Mais la direction a fini par trancher, souhaitant être « en phase avec la base militante », explique un cadre du parti. « On sort tout juste du boycott de la présidentielle, les militants ne sont pas motivés pour aller voter », ajoute cette même source, qui souligne un découragement palpable parmi les sympathisants.
Ce boycott marque un retour à une stratégie déjà employée par le parti de Laurent Gbagbo, qui avait boycotté certaines élections après sa chute du pouvoir en 2011. Cette fois-ci, le PPA-CI semble vouloir maintenir la pression pour dénoncer un processus électoral qu’il juge verrouillé par le pouvoir actuel.
Une rupture stratégique au sein de l’alliance de l’opposition
Cette décision crée un contraste avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), dirigé par Tidjane Thiam et allié du PPA-CI au sein du Front commun. Contrairement au parti de Gbagbo, le PDCI a choisi de participer au scrutin législatif du 27 décembre. En 2021, une alliance entre les deux formations avait permis au PPA-CI d’obtenir 18 sièges à l’Assemblée nationale. Cette année, le PPA-CI se retire du jeu électoral, laissant au PDCI la responsabilité d’incarner seul l’opposition dans les urnes.
Alors que le pouvoir en place s’apprête à organiser un nouveau scrutin crucial, le paysage politique ivoirien se recompose une nouvelle fois. Entre stratégies divergentes, méfiance électorale et tensions durables, les législatives de décembre s’annoncent déjà sous haute surveillance.




