Football africain : où vont les millions investis par les stars ?

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De Didier Drogba à Sadio Mané, plusieurs stars du football africain ont transformé une partie de leurs revenus en investissements dans les mines, l’agro-industrie, les télécoms ou l’aviation. Mais derrière les montants spectaculaires, les résultats varient fortement entre cessions lucratives en apparence, usines confrontées aux réalités du marché et projets jamais réellement décollés.

Didier Drogba a cédé sa participation dans la mine d’Ity

En Côte d’Ivoire, Didier Drogba avait choisi le secteur minier. Sa société DYD International Holding détenait 5 % de la mine d’or d’Ity, dans l’ouest du pays. En décembre 2018, Endeavour Mining a racheté cette participation contre 1,072 million de ses propres actions. L’opération représentait alors environ 15 millions de dollars.

Ce chiffre ne signifie toutefois pas que Drogba a réalisé un bénéfice de 15 millions de dollars. Il correspond à la valeur de la participation au moment de la transaction. Le coût initial de son investissement n’étant pas publiquement documenté avec précision, son rendement réel reste difficile à établir.

L’ancien attaquant ivoirien poursuit parallèlement des activités philanthropiques. Sa fondation intervient notamment dans la santé et l’éducation, avec des projets d’écoles, de soins médicaux et d’infrastructures destinées aux enfants.

Seydou Keïta découvre les contraintes de l’industrie

Au Mali, Seydou Keïta a fait un choix différent. L’ancien joueur du FC Barcelone a investi plus de 14 milliards de francs CFA dans le complexe agro-industriel Seydou Diogo Awa, inauguré en juillet 2024 à Sanankoroba, près de Bamako. L’ensemble comprend six unités dédiées notamment aux huiles, au beurre de karité, au savon, aux aliments pour bétail et aux emballages.

Le projet devait créer environ 400 emplois directs et plus de 10 000 emplois indirects. Mais quelques mois après son lancement, les premières difficultés sont apparues. En mars 2025, Journal du Mali rapportait que l’usine ne tournait pas à plein régime en raison de problèmes d’approvisionnement en matières premières.

Le cas Keïta illustre une difficulté classique des investissements industriels. Construire une usine ne suffit pas. Il faut aussi sécuriser les fournisseurs, maîtriser les coûts et assurer des débouchés réguliers.

Eto’o et Gyan ont connu des projets qui n’ont pas tenu

Samuel Eto’o en a fait l’expérience au Cameroun avec Set’Mobile. Lancé en 2012, l’opérateur virtuel ambitionnait de concurrencer MTN et Orange. Malgré un démarrage très médiatisé, l’entreprise n’a pas réussi à s’installer durablement.

En 2026, Eto’o a affirmé avoir engagé environ 4 milliards de francs CFA de fonds personnels dans cette aventure, qu’il présente lui-même comme un échec entrepreneurial.

Au Ghana, Asamoah Gyan s’est tourné vers l’aviation. Son projet BabyJet Airlines, annoncé en 2017, avait obtenu une licence de transporteur aérien. Plusieurs dates de lancement ont ensuite été évoquées, mais la compagnie n’a finalement jamais commencé ses opérations commerciales.

Ces exemples montrent que la notoriété sportive et la capacité financière ne garantissent pas la réussite d’une entreprise. Certains secteurs exigent des capitaux récurrents, des compétences techniques et une gestion opérationnelle qui dépassent largement l’investissement initial.

Sadio Mané mise désormais 11,7 milliards FCFA sur l’agriculture

Le dernier grand projet en date est celui de Sadio Mané. Le 19 septembre 2026, la première pierre de son parc agro-industriel SM10 Agro a été posée à Bambali, dans la région de Sédhiou. L’investissement annoncé atteint 11,7 milliards de francs CFA.

Le projet prévoit une plantation de 500 hectares, environ 78 000 arbres, des unités de transformation et un centre de formation agricole. Mané affirme vouloir créer 1 000 emplois directs au démarrage et valoriser une production de mangues dont une partie importante est aujourd’hui perdue faute de stockage et de transformation.

À ce stade, SM10 Agro reste néanmoins un projet en construction. Sa réussite se mesurera dans plusieurs années, lorsque les premières récoltes arriveront et que les unités industrielles devront fonctionner à pleine capacité.

Les trajectoires de Drogba, Keïta, Eto’o, Gyan et Mané montrent ainsi une même réalité : les millions gagnés sur les terrains peuvent financer des ambitions industrielles majeures, mais ils ne suppriment ni les risques du marché ni les difficultés de gestion.

Monge BANKOLE
Monge BANKOLE
Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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