Au Gabon, la grève des enseignants des écoles, collèges et lycées a pris une nouvelle ampleur. Le mouvement a débuté le 10 décembre 2025. Il devait s’achever le 9 janvier, mais les enseignants en ont décidé autrement. Réunis en assemblée générale, ils ont reconduit la grève pour une durée indéterminée. Mobilisés au sein du collectif « SOS Éducation », ils entendent désormais accentuer la pression sur les autorités. Malgré ce durcissement, le gouvernement a annoncé l’ouverture de négociations, affirmant agir dans l’intérêt des élèves et pour préserver l’année scolaire.
Des revendications financières au cœur de la mobilisation
Les enseignants placent la régularisation administrative au centre de leurs revendications. Ils dénoncent une situation bloquée depuis plusieurs années. Selon Cyprien Mouelé, figure du mouvement, les demandes concernent les intégrations, les titularisations et les avancements. Les recrutements avec effet solde figurent également parmi les priorités. Pour les grévistes, ces mesures doivent produire des effets immédiats sur les salaires.
Les enseignants veulent des changements visibles et concrets. Ils estiment que les engagements pris par le passé n’ont jamais été respectés. Beaucoup affirment attendre ces régularisations depuis trop longtemps. Cette attente alimente aujourd’hui leur détermination. Le collectif « SOS Éducation », qui fonctionne sans leader officiel, revendique une mobilisation inclusive et représentative.
Depuis la chute du régime d’Ali Bongo, aucune assemblée générale n’avait rassemblé autant de participants. Cette mobilisation massive traduit un profond malaise du secteur éducatif. Les enseignants parlent d’un ras-le-bol général. Ils expliquent que le durcissement de la grève constitue leur dernier levier pour se faire entendre.
Des primes jugées insuffisantes par les enseignants
Au-delà des questions statutaires, les enseignants réclament une revalorisation des primes. Ils citent notamment la prime de logement, la prime de transport et la prime d’éloignement. Ils demandent également une amélioration de la prime de crèche et de l’assurance maladie.
Selon Cyprien Mouelé, ces primes ne correspondent plus au coût réel de la vie. Elles ne couvrent plus les dépenses quotidiennes. La situation se révèle encore plus difficile pour les enseignants affectés dans les zones éloignées. Beaucoup peinent à subvenir aux besoins de leur famille. Les grévistes estiment que leur pouvoir d’achat s’érode chaque année.
Le collectif insiste sur le caractère global des revendications. Les enseignants refusent toute solution partielle. Ils affirment rester ouverts au dialogue avec les autorités, mais exigent des engagements clairs et vérifiables.
A LIRE AUSSI : Maroc : L’enseignement supérieur en grève soutient le mouvement GenZ 212
Le gouvernement face à l’urgence éducative
Face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement gabonais a réagi rapidement. La ministre de l’Éducation nationale, Carmélia Ntoutoume Leclercq, a annoncé l’ouverture immédiate des négociations le 11 janvier. Des commissions préparatoires ont été mises en place afin d’élaborer des pré-rapports devant servir de base à un cahier de charges unique.
Malgré cette initiative, aucune consigne claire n’a été donnée sur la reprise des cours. Cette situation entretient l’incertitude dans les établissements scolaires. Les élèves et les parents expriment leurs inquiétudes. Dans un contexte de transition politique, cette grève constitue un test majeur pour le dialogue social et la capacité du gouvernement à apporter des réponses durables au secteur éducatif.




