Au Ghana, un accord de coopération migratoire avec les États-Unis, jusque-là peu connu, place aujourd’hui le gouvernement d’Accra sous le feu des critiques. En cause : l’accueil de migrants ouest-africains expulsés d’Amérique, dans des conditions qui suscitent indignation et inquiétude. Depuis lundi 14 octobre, quatorze nouvelles personnes ont été débarquées à Accra, portant à quarante-deux le nombre total d’expulsés réceptionnés depuis le début du programme.
Un accord jugé illégal et contraire aux droits humains
L’avocat et militant Oliver Barker-Vormawor, figure du collectif Democracy Hub, a saisi ce mardi 14 octobre 2025, la justice pour contester la légalité de cet accord. Selon lui, le texte n’a jamais été validé par le Parlement, ce qui le rend inconstitutionnel. « Nous ne pouvons accepter que notre pays serve de terre d’accueil pour des individus que d’autres États refusent de garder, sans cadre légal ni contrôle démocratique », déclare-t-il avec fermeté.
Au-delà des procédures, c’est la question du respect des droits humains qui alarme les organisations. Certaines personnes expulsées seraient toujours détenues dans un camp militaire en périphérie d’Accra, dans des conditions jugées précaires. D’autres auraient été redirigées vers des pays voisins, comme le Togo ou le Mali, alors même qu’ils n’y auraient aucune attache. Ces pratiques pourraient violer le principe de non-refoulement, inscrit dans plusieurs conventions internationales.
Le gouvernement assume… mais reste discret
Felix Kwakye Ofosu, porte-parole du gouvernement, a confirmé que le procureur général défendra l’accord devant les tribunaux. Mais aucune réponse n’a été apportée sur le contenu du partenariat ni sur les conditions de réception des migrants. Ce flou nourrit la défiance de la population, d’autant plus que l’accord remonte à l’époque de Donald Trump, connu pour sa politique migratoire dure et controversée.
Le Ghana, souvent salué pour sa stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, pourrait voir son image ternie si cette affaire venait à s’enliser. Pour de nombreux citoyens, l’enjeu est clair : défendre la souveraineté nationale… tout en respectant les droits humains.




