Olu Jacobs, monument du cinéma nigérian, est mort mercredi 16 septembre 2026 à l’âge de 84 ans. De la télévision britannique à Nollywood, l’acteur laisse derrière lui plus d’un demi-siècle de carrière et une influence qui dépasse largement les frontières du Nigeria.
La famille d’Olu Jacobs confirme son décès
Oludotun Baiyewu Jacobs, connu du public sous le nom d’Olu Jacobs, est décédé le 16 septembre 2026. Sa famille a annoncé la nouvelle mercredi, mettant fin cette fois à toute incertitude après plusieurs fausses rumeurs de décès qui avaient circulé ces dernières années.
« C’est avec gratitude envers Dieu pour une vie bien vécue et un combat bien mené que nous annonçons le décès » de celui que ses proches surnommaient le « Lion of Lufodo », a déclaré sa famille. Elle a également demandé aux blogueurs et utilisateurs des réseaux sociaux de respecter son intimité pendant la période de deuil.
La cause précise de sa mort n’a pas été communiquée. Son épouse, l’actrice Joke Silva, avait toutefois révélé en 2021 qu’Olu Jacobs souffrait de démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative qui avait progressivement éloigné l’acteur des plateaux et de la vie publique.
Avant Nollywood, une carrière construite au Royaume-Uni
Né le 11 juillet 1942 à Kano, dans le nord du Nigeria, Olu Jacobs avait des racines familiales dans la communauté Egba Alake d’Abeokuta, dans l’État d’Ogun. Son intérêt pour le spectacle remonte à sa jeunesse, notamment après avoir découvert sur scène Hubert Ogunde, figure pionnière du théâtre nigérian.
Son parcours se distingue de celui de nombreux acteurs associés à l’essor de Nollywood dans les années 1990. Jacobs part se former au Royaume-Uni à la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art de Londres. Il travaille ensuite dans le théâtre et apparaît dans plusieurs productions télévisées britanniques avant de décrocher des rôles au cinéma international.
Cette expérience lui permet d’acquérir une solide formation professionnelle avant son retour au Nigeria. Sa voix grave, sa diction et son imposante présence à l’écran deviendront ensuite sa signature.
Une carrière qui a accompagné l’essor de Nollywood
Olu Jacobs s’impose progressivement comme l’un des grands visages du cinéma nigérian. Il incarne régulièrement des rois, patriarches, hommes d’affaires ou personnages d’autorité. Sa longévité lui permet surtout de traverser plusieurs générations de l’industrie audiovisuelle nigériane.
Son travail lui vaut de nombreuses distinctions. En 2007, il remporte l’Africa Movie Academy Award du meilleur acteur dans un rôle principal. Il reçoit ensuite l’Industry Merit Award aux Africa Magic Viewers’ Choice Awards en 2013, puis une récompense pour l’ensemble de sa carrière aux Africa Movie Academy Awards en 2016.
Le gouvernement nigérian avait également reconnu son apport à la culture nationale. En 2011, Olu Jacobs reçoit le titre de Member of the Order of the Federal Republic (MFR). Avec Joke Silva, il participe par ailleurs à la création du Lufodo Group et de la Lufodo Academy of Performing Arts, consacrée notamment à la formation de professionnels du spectacle.
Le Nigeria rend hommage à un « géant » du cinéma
Les hommages se sont multipliés après l’annonce de la mort d’Olu Jacobs. Le président Bola Tinubu l’a qualifié de « géant » de l’industrie créative nigériane et a salué une carrière qui s’est déployée au Nigeria, au Royaume-Uni et au-delà.
Le président de l’Actors Guild of Nigeria, Abubakar Yakubu, a pour sa part estimé qu’Olu Jacobs était « bien plus qu’un acteur » et le considérait comme « une institution ». Plusieurs personnalités de Nollywood, responsables politiques et acteurs du secteur culturel lui ont également rendu hommage.
Ces réactions reflètent la place particulière qu’il occupait dans le cinéma africain. Olu Jacobs appartenait à cette génération d’acteurs qui a contribué à professionnaliser et à donner une visibilité internationale au cinéma nigérian avant même l’expansion mondiale actuelle de Nollywood.
Sa disparition referme ainsi une carrière de plus de cinq décennies, commencée loin des studios de Lagos. Elle laisse surtout au cinéma nigérian l’héritage d’un acteur qui aura relié théâtre britannique, productions internationales et industrie cinématographique africaine.




