Sénégal : « Rien ne peut m’empêcher », Ousmane Sonko réaffirme son ambition présidentielle, malgré sa condamnation

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Le Sénégal traverse une zone de tension politique. Ousmane Sonko a réaffirmé son ambition présidentielle avec force ce dimanche 7 décembre. Devant ses partisans, il a lancé : « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat! ». Ce message frappe les esprits. Il intervient dans un contexte de désaccord profond avec le président Bassirou Diomaye Faye. Le débat sur son éligibilité reprend donc une place centrale.

Une candidature revendiquée malgré les obstacles judiciaires

Ousmane Sonko souhaite briguer la présidence en 2029 au Sénégal. Il le répète depuis plusieurs mois. Au Grand Théâtre de Dakar, il a insisté sur son intention lors d’une cérémonie dédiée aux victimes des manifestations entre 2021 et 2024. Son entourage rappelle que la loi d’amnistie couvre sa condamnation pour diffamation. Cependant, de nombreux juristes contestent cette interprétation. Ils soulignent que la Cour suprême a confirmé la condamnation après l’adoption de cette loi.

En janvier 2024, Ousmane Sonko a écopé de six mois de prison avec sursis pour diffamation envers Mame Mbaye Niang. Les juges ont confirmé la peine en appel en mai 2023. Ensuite, la Cour suprême a rejeté son recours le 1er juillet 2025. Ses avocats demandaient un renvoi de l’affaire devant le Conseil constitutionnel. La Cour suprême s’y est opposée.
Ousmane Sonko a affirmé vouloir introduire un nouveau recours. Il tente ainsi d’écarter tout risque juridique. Il veut lever toute ambiguïté sur sa candidature.

Cette affaire possède un poids symbolique. Elle l’a empêché de se présenter en 2024, année de la victoire de Bassirou Diomaye Faye. Elle continue donc de hanter la scène politique. Plusieurs analystes estiment que le débat reste ouvert. Le Pastef partage cet avis. Les opposants, eux, parlent d’un « détournement » de la loi d’amnistie.

Une loi d’amnistie au cœur des tensions politiques

La loi d’amnistie de mars 2024 a joué un rôle crucial. Macky Sall souhaitait apaiser un climat marqué par des troubles violents. Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie entre 2021 et 2024. De nombreuses arrestations ont touché l’opposition, dont Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Cette loi effaçait les infractions liées aux manifestations. Elle couvrait aussi les actes politiques commis durant cette période. Grâce à elle, Ousmane Sonko a retrouvé ses droits civiques. Il a ensuite participé aux législatives de novembre 2024. Le Pastef a remporté ces élections.

Toutefois, plusieurs spécialistes pensent que sa condamnation pour diffamation n’entre pas dans le champ de cette loi. Selon eux, la décision finale de la Cour suprême rend la situation plus complexe. Le Premier ministre, lui, maintient que tout obstacle juridique a disparu. Cette divergence continue d’alimenter les discussions publiques.

Par ailleurs, Bassirou Diomaye Faye soutenait publiquement la candidature d’Ousmane Sonko il y a encore quelques mois. Le président exprimait ce soutien dans une période d’unité. Les deux hommes formaient alors un bloc politique solide. Les choses ont changé depuis. Les tensions semblent désormais profondes.

Un bras de fer ouvert au sommet de l’État

Depuis novembre, les signes de rupture se multiplient. Le président Diomaye Faye a limogé Aïssatou Mbodj le 11 novembre. Elle dirigeait la coalition qui l’a porté au pouvoir. Elle se trouvait aussi proche d’Ousmane Sonko. Le président l’a remplacée par Aminata Touré, sa conseillère.
Ousmane Sonko a dénoncé ce choix dès le lendemain. Il s’est opposé publiquement à cette décision lors d’un meeting à Dakar. Ensuite, il a refusé de prendre part au Conseil des ministres. Le Pastef a publié un communiqué pour rejeter la décision présidentielle. Le parti affirme que le chef de l’État « n’a pas le pouvoir de démettre Aïssatou Mbodj ».

Ce bras de fer fragilise la cohésion gouvernementale. Plusieurs observateurs parlent d’une lutte pour le contrôle du pouvoir. Certains évoquent même « une crise institutionnelle ».
Les deux dirigeants veulent toutefois contenir l’escalade. Ils ont cosigné un décret renforçant les prérogatives de la Primature. Ce texte transforme le cabinet du Premier ministre en « centre de commandement gouvernemental ». Ce geste tente d’apaiser les tensions. Il révèle aussi une bataille d’influence au sommet de l’État.

Ousmane Sonko continue d’afficher ses ambitions. Il rassemble toujours une base populaire solide. Bassirou Diomaye Faye cherche, lui, à stabiliser son pouvoir. Le pays observe donc leurs prochaines décisions. Les prochains mois vont définir leur relation. Ils vont aussi déterminer l’avenir politique du Sénégal avant 2029.

Loick ADEGBOLA
Loick ADEGBOLAhttps://zyafrik.com
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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