Un député a tenté de faire accuser Macky Sall de haute trahison. L’Assemblée nationale a refusé d’examiner la demande. Une faille juridique a suffi pour faire tomber la résolution.
Une résolution vite écartée
Le député Guy Marius Sagna, proche du parti PASTEF, a déposé un texte contre l’ancien président. Il l’accuse d’avoir laissé une dette de 7 milliards de dollars sans la déclarer. Cette somme figure dans un rapport de la Cour des comptes.
Il espérait ouvrir une procédure pour haute trahison. Mais son initiative a été stoppée net. L’Assemblée a rejeté la résolution dès l’examen préliminaire.
La raison est simple. Le règlement intérieur impose que ce type de projet soit présenté par plusieurs députés. Or, Sagna l’a déposé seul. Le texte a donc été jugé irrecevable.
Un mot flou, une dette lourde
Le terme « haute trahison » pose aussi problème. Il n’a pas de définition précise dans le droit sénégalais. Cela complique toute tentative de poursuite sérieuse.
Pourtant, la dette évoquée par le député est bien réelle. Le rapport officiel parle d’une gestion opaque des finances. Il alerte sur un fardeau économique laissé à la nouvelle équipe.
Malgré cela, aucun débat n’a eu lieu sur le fond. Le rejet pour vice de forme a coupé court à toute discussion. Le contenu des accusations reste en suspens.
Une opposition qui cherche sa voie
Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, le parti PASTEF veut incarner le changement. Il tente de rompre avec le passé. Mais sans majorité, ses actions restent symboliques.
L’affaire montre les limites du pouvoir parlementaire. Même avec des arguments forts, les règles internes peuvent bloquer toute avancée. La tentative de Sagna le prouve.
Ce blocage relance un vieux débat. Comment poursuivre un ancien président dans un cadre légal flou ? Et comment garantir que les institutions puissent agir librement ?
Le rejet de cette résolution ne met pas fin aux questions. Il révèle les failles du système. Le Sénégal devra tôt ou tard clarifier ses règles et renforcer les outils de contrôle. Faute de quoi, les responsabilités risquent encore d’échapper au débat public.




