La star mondiale de l’Afrobeats Tiwa Savage franchit une nouvelle étape dans son engagement pour l’avenir de la musique africaine. À 46 ans, l’artiste nigériane annonce le lancement de la Tiwa Savage Music Foundation et un partenariat stratégique avec le Berklee College of Music afin de former 100 jeunes créateurs au Nigeria.
Un programme inédit de Berklee en Afrique de l’Ouest
Baptisé Berklee in Nigeria: Tiwa Savage Intensive Music Program, ce programme intensif se tiendra à Lagos du 23 au 26 avril 2026. Pendant quatre jours, des professeurs de Berklee feront le déplacement pour encadrer 100 musiciens, compositeurs, producteurs et professionnels de l’ombre sélectionnés.
Il s’agit du tout premier événement officiel de Berklee en Afrique de l’Ouest. Une étape symbolique pour une région qui joue un rôle central dans la croissance de l’économie musicale mondiale.
« Le monde a les yeux rivés sur l’Afrobeats, mais l’attention seule ne suffit pas à construire une industrie durable. Le talent est universel, l’accès ne l’est pas », a déclaré Tiwa Savage.
Le programme mêlera théorie et pratique avec des modules en production musicale, écriture, ingénierie du son, harmonie, entraînement auditif, mais aussi édition musicale, droits d’auteur et bases du droit du divertissement.
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Transformer la visibilité en pouvoir économique
Le projet ne se limite pas aux artistes. La fondation vise aussi producteurs, ingénieurs, compositeurs et professionnels du business musical. Pour Tiwa Savage, l’industrie est une chaîne de valeur complète.
« On peut être l’artiste le plus talentueux du monde, sans les personnes qui créent, capturent, protègent et monétisent la musique, il n’y a pas d’industrie », affirme-t-elle.
Les participants les plus prometteurs pourraient accéder à des bourses pour étudier à Boston ou suivre des cours en ligne via Berklee. L’objectif est d’inscrire cette initiative dans une dynamique de long terme.
Cette démarche trouve un écho particulier dans un contexte où l’Afrique subsaharienne figure parmi les régions à la croissance la plus rapide pour la musique enregistrée. Les revenus ont dépassé 110 millions de dollars en 2024 selon l’IFPI, tandis que les écoutes d’Afrobeats sur Spotify ont progressé de plus de 500 % en cinq ans.
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Une vision structurante pour l’écosystème africain
Tiwa Savage connaît personnellement l’impact d’un accès à l’éducation musicale d’excellence. Jeune artiste, elle avait obtenu une bourse pour intégrer Berklee, une expérience qu’elle décrit comme déterminante.
« Cela a changé ma manière de voir la musique. Le talent seul ne suffit pas. La structure, l’éducation et l’exposition permettent de rivaliser à l’échelle mondiale. »
Les frais de scolarité dans les grandes écoles de musique peuvent atteindre entre 40 000 et 60 000 dollars par an, hors coûts de vie. En rendant ce programme entièrement financé, la fondation cherche à combler cet écart d’accès pour les créateurs nigérians.
À long terme, l’ambition dépasse le programme intensif. La fondation prévoit d’octroyer des bourses supplémentaires et envisage la création d’une école de musique permanente au Nigeria.
« Je veux construire quelque chose qui me survive. Une structure qui crée des opportunités et un sentiment de propriété pour les futures générations de créateurs africains. »
Les candidatures pour le programme sont ouvertes du 24 février au 20 mars 2026. L’initiative s’impose déjà comme un jalon stratégique pour structurer durablement l’industrie musicale africaine.




