Mali : au moins 100 militaires tués dans l’attaque de Dioura

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Au moins 100 militaires maliens ont été tués lors de l’attaque du camp de Dioura, dans le centre du Mali, selon plusieurs sources concordantes citées par l’AFP. Le bilan reste toutefois provisoire, faute de décompte officiel publié par les autorités maliennes.

Le bilan de l’attaque de Dioura dépasse 100 morts

L’assaut a visé le camp militaire de Dioura, dans la région de Mopti. Les premières estimations faisaient état de plusieurs dizaines de morts, mais le bilan a été revu fortement à la hausse après la consolidation d’informations venues de sources militaires et locales.

Une source sécuritaire basée à Mopti a évoqué plus de 100 militaires tués, dont plusieurs officiers. D’autres sources ont également fait état de dizaines de blessés, de disparus et de soldats capturés.

Le décompte reste difficile à établir avec précision. Certaines catégories peuvent se recouper, notamment entre militaires portés disparus et prisonniers. Les Forces armées maliennes n’ont pas encore communiqué de bilan complet de leurs propres pertes.

Le JNIM revendique l’attaque et avance un bilan supérieur

L’offensive a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, ou JNIM, coalition djihadiste affiliée à Al-Qaïda. L’organisation affirme avoir tué environ 150 militaires et capturé plus de 90 soldats.

Ces chiffres proviennent du groupe lui-même et n’ont pas été confirmés indépendamment. Ils doivent donc être considérés avec prudence.

Le JNIM a également diffusé des images présentées comme celles de soldats maliens capturés et de matériel saisi dans le camp. Selon plusieurs témoignages locaux, les combats auraient duré plusieurs heures avant que les assaillants ne prennent temporairement le contrôle de la position.

Des armes et des véhicules auraient aussi été emportés. Là encore, l’ampleur exacte des pertes matérielles n’a pas été détaillée officiellement.

Des membres russes d’Africa Corps parmi les victimes

L’attaque aurait également coûté la vie à cinq membres russes d’Africa Corps, selon des sources citées par l’AFP. Cette structure liée à Moscou a repris une partie des missions autrefois assurées par le groupe Wagner dans plusieurs pays africains.

Au Mali, les personnels russes soutiennent l’armée dans la formation, la protection de certains sites et les opérations contre les groupes armés. Leur présence parmi les victimes montre que l’attaque a touché directement un dispositif considéré comme stratégique par Bamako.

Depuis le retrait progressif des partenaires occidentaux et de la mission de l’ONU, les autorités maliennes ont renforcé leur coopération sécuritaire avec la Russie. Elles présentent cette orientation comme un moyen de reprendre l’initiative face aux groupes djihadistes.

L’attaque de Dioura montre cependant que ces groupes conservent une importante capacité de frappe.

Un revers majeur pour la stratégie sécuritaire du Mali

La région de Mopti constitue depuis plusieurs années l’un des principaux foyers de l’insurrection djihadiste au Mali. Le JNIM y mène régulièrement des attaques contre des camps militaires, des convois et des positions gouvernementales.

Dioura avait déjà été visée auparavant. La répétition de ces offensives souligne la difficulté pour l’armée de sécuriser durablement certaines positions isolées dans le centre du pays.

L’attaque du 10 septembre est surtout préoccupante par son ampleur. Si le bilan d’au moins 100 morts est confirmé officiellement, elle ferait partie des attaques les plus meurtrières subies par les forces maliennes ces dernières années.

Les autorités devront également clarifier le sort des soldats capturés ou portés disparus. La récupération éventuelle du camp, la reconstitution des unités touchées et la capacité de l’armée à empêcher une nouvelle offensive dans la zone seront désormais particulièrement observées.

Au-delà du bilan humain, Dioura rappelle une réalité persistante : malgré plusieurs années d’opérations militaires et l’appui de partenaires russes, le JNIM reste capable de concentrer des combattants, d’attaquer des positions importantes et d’infliger de lourdes pertes aux forces maliennes.

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