Macky Sall à l’ONU : sa candidature recule au troisième vote

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La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU a perdu du terrain lors du troisième vote indicatif organisé le 18 septembre au Conseil de sécurité. L’ancien président sénégalais n’a obtenu que cinq avis favorables, contre neuf défavorables, alors que deux candidates latino-américaines dominent désormais la course.

Macky Sall perd une voix et voit les oppositions progresser

Lors de ce troisième « straw poll », Macky Sall a recueilli cinq votes « encourage », neuf « discourage » et un « no opinion » parmi les 15 membres du Conseil de sécurité. Ces résultats n’ont pas été publiés officiellement par l’ONU, mais ont été rapportés par plusieurs médias sur la base de sources diplomatiques.

La tendance devient moins favorable à l’ancien chef de l’État sénégalais. Lors des deux premiers votes, organisés les 30 juillet et 21 août, il avait obtenu à chaque fois six encouragements, sept avis défavorables et deux abstentions de fait. Son soutien recule donc d’une voix tandis que deux membres supplémentaires du Conseil se prononcent désormais contre sa candidature.

Le scrutin reste toutefois indicatif. Ces consultations secrètes servent à mesurer les rapports de force avant le vote formel du Conseil de sécurité et peuvent encore évoluer au fil des négociations diplomatiques.

Rebeca Grynspan reprend la tête de la course à l’ONU

La Costaricienne Rebeca Grynspan sort renforcée du troisième tour. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle dirigeante de la CNUCED a obtenu neuf encouragements, cinq avis défavorables et un « no opinion ». Elle retrouve ainsi la première place qu’elle occupait après le vote de juillet.

Carolyn Rodrigues-Birkett, ambassadrice du Guyana auprès de l’ONU et ancienne ministre des Affaires étrangères, arrive juste derrière avec huit votes favorables, six défavorables et une absence d’opinion. Elle avait terminé en tête du deuxième scrutin avec huit encouragements.

Plus loin, l’Ougandais Olara Otunnu et l’Argentin Rafael Grossi obtiennent chacun cinq encouragements. Otunnu compte toutefois sept avis défavorables contre huit pour Grossi. Macky Sall affiche donc le même nombre de soutiens que ces deux candidats, mais davantage de votes négatifs.

Les neuf voix ne suffisent pas pour devenir secrétaire général

Le résultat de Grynspan ne garantit pas sa nomination. Pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat doit recueillir au moins neuf voix au Conseil de sécurité et surtout éviter le veto de l’un de ses cinq membres permanents : États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni.

Or, les trois premiers « straw polls » n’ont pas utilisé de bulletins permettant d’identifier séparément les votes des membres permanents. Il reste donc impossible de savoir publiquement si les avis défavorables reçus par Macky Sall, Grynspan ou leurs concurrents comprennent déjà un veto potentiel.

Cette donnée devient déterminante à mesure que le processus avance. En 2016, António Guterres avait rapidement pris l’avantage et n’était jamais descendu sous les onze encouragements au cours des votes indicatifs. Aucun candidat de 2026 ne dispose encore d’un soutien comparable.

La course peut encore être rebattue après l’Assemblée générale

La compétition reste ouverte malgré le recul de Macky Sall. Aucun calendrier définitif n’a encore été annoncé pour le prochain vote, mais une nouvelle consultation pourrait intervenir après la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, qui s’achève le 28 septembre.

Le paysage a déjà commencé à évoluer. Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et ancienne Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a annoncé le 20 septembre son retrait après n’avoir obtenu qu’un encouragement et onze avis défavorables au troisième tour. Sept candidats restent donc désormais officiellement en lice.

Pour Macky Sall, le prochain scrutin sera particulièrement important. Le maintien de cinq soutiens ne l’élimine pas, mais les neuf avis défavorables montrent qu’il reste loin du consensus nécessaire au Conseil de sécurité. Dans une procédure où un seul veto d’un membre permanent suffit à bloquer une candidature, l’ancien président sénégalais devra désormais inverser cette dynamique pour rester véritablement compétitif.

Josias ATTADE
Josias ATTADE
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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