Tourisme d’affaires : Cotonou défie Abidjan et Dakar

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Le tourisme d’affaires devient un nouveau terrain de concurrence en Afrique de l’Ouest. Cotonou monte rapidement en gamme, tandis qu’Abidjan et Dakar renforcent leurs infrastructures et leur stratégie pour attirer congrès, salons et grandes rencontres internationales.

Cotonou accélère sur le tourisme d’affaires

Le Bénin ne cache plus ses ambitions sur le marché des MICE, acronyme qui regroupe réunions, voyages de stimulation, conférences et expositions. Bénin Tourisme présente désormais explicitement cette activité parmi les composantes de son offre internationale. Lors du FITUR de Madrid et de l’ITB Berlin en 2026, l’agence publique a notamment mis en avant l’hospitalité haut de gamme et les capacités de Cotonou à recevoir une clientèle professionnelle.

Le Sofitel Cotonou Marina constitue l’une des pièces maîtresses de cette offensive. Situé à quelques minutes de l’aéroport, l’établissement dispose de huit espaces de réunion et peut accueillir jusqu’à 1 000 participants. Son centre de conférences permet ainsi de réunir hébergement, restauration et événementiel sur un même site.

L’offre doit encore s’élargir. Bénin Tourisme cite notamment le futur Hilton de Cotonou parmi les établissements appelés à renforcer le segment professionnel. Cette montée en gamme ne suffit toutefois pas à faire de Cotonou le leader régional. Elle lui permet surtout de devenir un concurrent plus crédible face à deux destinations déjà bien installées.

Abidjan mise sur son Parc des Expositions

Abidjan possède un avantage de taille avec son Parc des Expositions, inauguré en 2023 à Port-Bouët, près de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny. Le site s’étend sur 16 hectares. Son hall offre 6 500 m², tandis que le Dôme dispose de 5 000 m² et peut recevoir plus de 5 000 personnes assises.

Depuis janvier 2025, l’exploitation du complexe est confiée à Abidjan Events PEA, filiale de GL events. L’objectif dépasse la simple location de salles. Le groupe veut utiliser son réseau international pour attirer des salons, conventions et événements professionnels étrangers vers la capitale économique ivoirienne. Début 2026, la direction indiquait déjà travailler avec une dizaine de clients internationaux.

La stratégie s’est précisée en juin. Côte d’Ivoire Tourisme et Abidjan Events ont engagé une coopération destinée à renforcer le positionnement d’Abidjan sur le marché MICE. Les deux structures travaillent notamment sur l’accueil, l’accessibilité, l’hébergement et l’expérience proposée aux visiteurs professionnels.

Dakar veut mieux commercialiser ses infrastructures

Dakar dispose, de son côté, d’équipements déjà éprouvés. Le Centre international de conférences Abdou Diouf, à Diamniadio, continue d’accueillir de grandes rencontres professionnelles. En décembre 2026, il doit notamment recevoir la conférence MSGBC Oil, Gas & Power, consacrée au secteur énergétique régional.

Mais le Sénégal veut surtout mieux coordonner son offre. Le 11 août, l’Agence sénégalaise de promotion touristique a lancé une concertation avec les acteurs du secteur en vue de créer un bureau de convention. Son directeur général, Adama Ndiaye, le décrit comme un « dispositif national de captation des évènements internationaux ».

L’ASPT a parallèlement noué un partenariat avec la Délégation générale à la promotion du pôle urbain de Diamniadio et du lac Rose. L’objectif affiché consiste à faire de Diamniadio une référence régionale du tourisme d’affaires. Les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 constituent également une vitrine importante pour tester les capacités d’accueil et d’organisation du pays.

La bataille dépasse désormais les hôtels et les salles

La concurrence entre Cotonou, Abidjan et Dakar ne se résume donc plus au nombre de chambres ou à la capacité des centres de conférences. Les trois villes cherchent à vendre une destination complète associant connectivité aérienne, hébergement, restauration, logistique, sécurité et activités touristiques.

Cotonou bénéficie de l’effet de nouveauté créé par ses investissements et d’une stratégie touristique particulièrement offensive. Abidjan possède une infrastructure événementielle de grande capacité et s’appuie désormais sur un opérateur international. Dakar dispose pour sa part d’une longue expérience diplomatique et événementielle, mais veut structurer davantage la commercialisation de son offre.

Rien ne permet donc d’affirmer que Cotonou a déjà détrôné ses deux rivales. Sa progression suffit néanmoins à modifier l’équilibre régional et pousse chaque destination à mieux organiser ses atouts dans un marché où les grands événements apportent des visiteurs, mais aussi des dépenses dans l’hôtellerie, les transports et les services.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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