AFIS 2026 : la BCEAO veut faciliter les transferts de la diaspora

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Le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, participe au Sommet de la finance africaine (AFIS 2026), organisé les 3 et 4 novembre 2026 à Luanda, en Angola. Au programme de cette rencontre : les transferts d’argent de la diaspora, les paiements entre pays africains et le projet de création d’une Banque centrale africaine. BCEAO

Pourquoi la BCEAO participe-t-elle au sommet AFIS 2026 ?

L’Africa Financial Industry Summit réunit des responsables de banques centrales, des dirigeants d’établissements financiers, des investisseurs et des représentants des gouvernements africains.

Cette édition se déroule autour du thème « Making Capital Count », consacré à la mobilisation des ressources financières pour soutenir la croissance économique du continent.

Plus de 1 250 responsables du secteur financier sont attendus à Luanda. La rencontre est coorganisée par le groupe Jeune Afrique et la Société financière internationale (IFC), avec le gouvernement angolais comme pays hôte. The African Financial Summit Platform+1

Pour la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, cette participation représente une occasion de défendre les intérêts des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.

Jean-Claude Kassi Brou doit intervenir dans deux discussions importantes : la circulation de l’argent envoyé par les Africains vivant à l’étranger et le rapprochement des réglementations financières du continent.

La BCEAO confirme officiellement ces interventions, sans annoncer pour le moment de nouvel accord financier.

Transferts d’argent : ce que la BCEAO veut améliorer

L’un des principaux rendez-vous du gouverneur concerne les transferts de fonds de la diaspora africaine.

Chaque année, des millions d’Africains installés à l’étranger envoient de l’argent à leurs familles. Ces ressources servent notamment à financer les dépenses quotidiennes, les soins de santé, l’éducation et certaines activités économiques.

Cependant, les transferts internationaux peuvent entraîner des frais importants et des délais de traitement variables selon les pays et les établissements.

À Luanda, les discussions doivent porter sur les moyens de faciliter ces opérations et de mieux utiliser les fonds envoyés par les diasporas pour financer les économies africaines.

Pour les utilisateurs, les améliorations recherchées concernent notamment :

  • La réduction des obstacles aux transferts internationaux.
  • L’amélioration des connexions entre les systèmes de paiement.
  • La simplification des opérations entre établissements financiers.
  • Une meilleure mobilisation de l’épargne de la diaspora.

Ces pistes restent des sujets de discussion. La BCEAO n’a annoncé aucune baisse immédiate des frais de transfert à l’occasion du sommet.

Dans l’UEMOA, les services financiers numériques connaissent déjà une évolution importante. Depuis le 2 novembre 2026, de nouvelles règles encadrent les plafonds et les frais du mobile money.

Ces dispositions s’inscrivent dans les efforts engagés pour moderniser les paiements et faciliter les opérations financières.

Banque centrale africaine : quelles décisions sont attendues à Luanda ?

Le deuxième temps fort de la participation de Jean-Claude Kassi Brou concerne la création envisagée d’une Banque centrale africaine.

Le gouverneur de la BCEAO doit participer au panel de clôture réunissant plusieurs responsables de banques centrales. Les échanges porteront sur l’harmonisation des réglementations financières africaines.

L’objectif est d’examiner comment rapprocher les règles bancaires et les mécanismes de supervision entre les différentes régions du continent.

La création d’une Banque centrale africaine constitue un projet d’intégration monétaire porté à l’échelle continentale. Elle ne signifie toutefois pas qu’une monnaie unique africaine sera immédiatement mise en circulation.

Plusieurs questions devront être examinées avant toute avancée concrète, notamment la coordination des politiques monétaires, la stabilité des monnaies et les compétences d’une éventuelle institution commune.

Pour les pays de l’UEMOA, ces débats pourraient avoir des conséquences sur les futurs échanges financiers avec d’autres régions africaines.

La BCEAO dispose déjà d’une expérience régionale dans la gestion d’une monnaie commune et la supervision des systèmes de paiement.

Cette expérience s’accompagne notamment du développement de la plateforme PI-SPI. Au 30 septembre 2026, 175 établissements et prestataires étaient autorisés à proposer ses services dans l’Union.

ZyAfrik avait détaillé la répartition des 175 participants au paiement instantané entre les huit États membres.

AFIS 2026 : quelles retombées pour l’Afrique de l’Ouest ?

Au-delà des échanges entre banques centrales, le sommet de Luanda doit également examiner les moyens de mobiliser davantage de capitaux africains pour financer les entreprises, les infrastructures et l’emploi.

La Banque africaine de développement participe à cette édition avec l’ambition de contribuer à réduire le déficit de financement du continent, qu’elle estime à 400 milliards de dollars par an.

Pour les entreprises ouest-africaines, les enjeux portent notamment sur l’accès au crédit, le financement des investissements et la fluidité des paiements internationaux.

Le sommet pourrait favoriser de nouveaux partenariats entre établissements financiers. Aucun accord spécifique concernant les huit pays de l’UEMOA n’a cependant été confirmé dans l’annonce de la BCEAO.

La rencontre s’achève le 4 novembre 2026. Les éventuelles annonces sur les transferts de la diaspora et l’harmonisation bancaire permettront de mesurer les premières retombées concrètes de cette participation pour l’Afrique de l’Ouest.

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