Oryx Energies passe sous contrôle africain grâce à Afreximbank

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Le groupe pétrolier Oryx Energies passe pour la première fois sous contrôle majoritairement africain, grâce à un financement de 975 millions de dollars décaissé par Afreximbank. Annoncée le 28 octobre 2026, cette opération permet aux dirigeants de reprendre l’entreprise et pourrait transformer ses activités de distribution de carburants sur le continent.

Qui rachète Oryx Energies et pour quel montant ?

Le rachat d’Oryx Energies est conduit par une équipe de dirigeants emmenée par son directeur général, Moussa Diao. L’opération prend la forme d’un management buy-out (MBO), un mécanisme permettant aux cadres d’une entreprise d’en acquérir le contrôle.

L’entreprise appartenait jusqu’alors à l’homme d’affaires suisse Jean Claude Gandur, fondateur du groupe Addax & Oryx. Elle fait désormais l’objet d’une nouvelle répartition du capital au profit de ses dirigeants.

Pour accompagner cette acquisition, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a décaissé 975 millions de dollars, soit près d’un milliard de dollars.

Cette somme ne représente toutefois pas nécessairement le prix total du rachat. La banque précise que son financement couvre une partie de l’opération, sans communiquer la valorisation définitive de l’entreprise ni la répartition exacte des participations.

Afreximbank est intervenue comme prêteur unique, agent de financement, gestionnaire des garanties et agent séquestre.

Ce montage permet aux nouveaux propriétaires de mobiliser des capitaux importants sans dépendre exclusivement des établissements financiers occidentaux.

Pourquoi le rachat d’Oryx Energies est stratégique pour l’Afrique

Oryx Energies occupe une place importante dans l’approvisionnement énergétique africain. À travers ses activités et celles de sa filiale Addax Energy, le groupe intervient dans le négoce, le stockage et la distribution de produits pétroliers.

Ses activités concernent notamment les carburants, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), les lubrifiants et les infrastructures logistiques.

Le changement d’actionnariat revêt donc une dimension économique qui dépasse la simple reprise d’une entreprise.

En contrôlant une société active dans plusieurs chaînes d’approvisionnement, des investisseurs africains disposent désormais d’une influence accrue sur les orientations commerciales, les investissements et les partenariats du groupe.

Pour George Elombi, président d’Afreximbank, cette acquisition doit permettre de renforcer les infrastructures énergétiques et de conserver davantage de valeur économique sur le continent.

L’objectif affiché consiste également à développer les compétences locales et à soutenir l’emploi.

Ces ambitions devront néanmoins se traduire par des investissements effectifs. Un changement de propriétaire ne garantit pas automatiquement une baisse des prix des carburants ni une amélioration immédiate de leur disponibilité.

Les prix à la pompe restent notamment influencés par les cours internationaux du pétrole, les taxes, les coûts logistiques et les politiques nationales.

Oryx Energies prépare aussi des cessions en Afrique de l’Ouest

Le changement de contrôle s’accompagne déjà d’une réorganisation du portefeuille africain d’Oryx Energies.

Le 28 octobre 2026, l’entreprise a annoncé un accord pour céder ses activités de distribution au Mali, en Côte d’Ivoire et au Togo à Niangadou Distribution Compagnie (NDC), une société malienne spécialisée dans les produits pétroliers.

Cette opération constitue un développement important pour les marchés concernés, où Oryx Energies dispose d’activités de commercialisation et de logistique.

Le groupe explique vouloir concentrer ses ressources sur ses priorités à long terme, particulièrement le négoce énergétique et les infrastructures.

La cession reste toutefois soumise aux autorisations réglementaires nécessaires. En attendant sa finalisation, Oryx Energies indique que ses opérations dans les trois pays se poursuivent normalement.

Cette décision montre que le passage sous contrôle africain ne signifie pas nécessairement une expansion uniforme du groupe sur tous ses marchés.

Il peut également s’accompagner de ventes d’actifs à d’autres entreprises africaines afin de réorganiser les investissements.

Quels changements pour l’avenir d’Oryx Energies ?

Pour Moussa Diao, le rachat représente une nouvelle étape dans l’histoire du groupe. Le dirigeant souhaite s’appuyer sur l’expérience de ses équipes pour développer davantage le commerce énergétique et les infrastructures africaines.

La nouvelle direction devra cependant relever plusieurs défis.

Le premier concerne la rentabilité des activités, dans un secteur exposé aux fluctuations des cours pétroliers et aux contraintes réglementaires.

Le deuxième porte sur le financement des investissements futurs, alors que le rachat mobilise déjà des ressources financières importantes.

Enfin, la restructuration pourrait entraîner des changements organisationnels. Selon la presse suisse, des suppressions de postes sont notamment envisagées au siège genevois.

Pour Afreximbank, cette transaction constitue un exemple de financement africain d’une acquisition stratégique. Sa réussite dépendra désormais de la capacité des nouveaux actionnaires à consolider les activités du groupe, à développer ses infrastructures et à maintenir un approvisionnement énergétique fiable.

Monge BANKOLE
Monge BANKOLE
Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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