Un drame au sud-est de la Côte d’Ivoire dans la matinée du lundi 20 octobre. Un officier de gendarmerie a perdu la vie lors d’une intervention sur la route reliant Agboville à Azaguié, après que son détachement a été pris pour cible par des individus armés et encagoulés. Cet incident, survenu dans un contexte pré-électoral déjà tendu, suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité dans la région.
Une attaque violente sur une route stratégique
Selon un communiqué du gouvernement, le drame s’est produit aux environs de quatre heures du matin. Des individus masqués, lourdement armés de fusils de calibre 12, avaient érigé des barricades sur l’axe Agboville-Grand Yapo-Azaguié. Plusieurs cars de transport, pris au piège, ont été immobilisés et victimes de vols. Alerté, un détachement d’un escadron de gendarmerie s’est rendu sur les lieux pour rétablir la circulation. Mais à peine arrivées, les forces de l’ordre ont essuyé des tirs nourris. L’officier qui dirigeait la patrouille a été grièvement touché et a succombé à ses blessures malgré l’intervention rapide de ses collègues.
Des témoins rapportent que, dans les heures suivant l’attaque, des habitants ont tenté de dresser de nouvelles barricades dans plusieurs villages environnants, notamment autour d’Agboville. Cependant, ces initiatives ont rapidement été maîtrisées par les forces de sécurité, qui ont réussi à rétablir le calme dans l’après-midi.
Des violences sur fond de tensions politiques
Le gouvernement ivoirien a fermement condamné ces « actes de violence prémédités », qu’il relie au climat d’agitation observé ces dernières semaines. Les autorités rappellent avoir interdit toute marche ou manifestation publique pendant deux mois, dans le but de garantir un environnement sécurisé avant la présidentielle du 25 octobre. Si l’attaque n’a pas été revendiquée, elle intervient dans un contexte tendu marqué par la montée des tensions entre le pouvoir et l’opposition. Le Front commun — alliance du PDCI et du PPA-CI — appelle en effet à des marches quotidiennes pour exiger un dialogue avec les autorités, après le rejet des candidatures de leurs leaders, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo.




