Madagascar évoque les risque de l’accueil de l’ancien président Rajoelina par l’Eswatini

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Antananarivo a vivement réagi à la réception officielle d’Andry Rajoelina par les autorités d’Eswatini. Ce geste est jugé hostile à l’État malgache et préjudiciable au climat politique actuel. Dans un contexte de transition fragile, cette visite ravive des tensions anciennes. Elle soulève aussi des inquiétudes sur le plan diplomatique et mémoriel.

Madagascar condamne accueil Rajoelina Eswatini et dénonce une ingérence

Les autorités malgaches estiment que cette réception affaiblit la souveraineté nationale. Elles considèrent également qu’elle complique les efforts de stabilisation en cours au à Madagascar.

Un message officiel aux termes particulièrement durs

Dans un communiqué rendu public, la présidence de la Refondation a exprimé sa désapprobation la plus ferme. Elle dénonce un acte qualifié d’“atteinte grave à la souveraineté de l’État malgache”. Elle parle aussi d’un “mépris des principes de justice et de respect dus à un peuple éprouvé”.

Le document évoque un “facteur de trouble et de perturbation du processus en cours”. Selon Antananarivo, cette initiative risque d’affaiblir les dynamiques de paix. Elle pourrait aussi fragiliser la confiance régionale. Pourtant, Madagascar multiplie actuellement les démarches pour rétablir l’ordre, apaiser les tensions et encourager le dialogue national.

Par ailleurs, les autorités rappellent que le pays mène une concertation nationale pour restaurer la cohésion sociale. Ces efforts bénéficient du soutien de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Dès lors, toute action extérieure perçue comme intrusive suscite une vive inquiétude.

La perte de nationalité et la remise en cause de la légitimité

La présidence insiste sur un point juridique central : Andry Rajoelina ne possède plus la nationalité malgache. Selon les autorités, il l’aurait perdue volontairement. En conséquence, le présenter comme un représentant légitime de Madagascar apparaît infondé sur le plan légal.

De plus, le gouvernement dénonce la tentative de légitimation internationale de l’ancien président. Il estime que cette reconnaissance risque de raviver des fractures internes. Elle pourrait aussi troubler la perception de la transition politique en cours.

En outre, Antananarivo affirme qu’aucun protocole diplomatique ne doit primer sur la justice et la responsabilité envers le peuple. La défense de la souveraineté et de la dignité nationale reste une priorité absolue.

Madagascar condamne accueil Rajoelina Eswatini au nom de la mémoire nationale

Au-delà des enjeux diplomatiques, la réaction officielle s’appuie sur un lourd héritage historique. Les autorités rappellent que cette affaire touche des blessures encore ouvertes.

Les événements de 2025 au cœur de la colère officielle

La présidence évoque une situation d’une “gravité exceptionnelle”, en référence aux événements de septembre et octobre 2025. Ces troubles ont causé la mort de plusieurs dizaines de citoyens malgaches. Ils ont laissé une empreinte durable dans la mémoire collective.

Dans son communiqué, le régime affirme que la période Rajoelina reste liée au sang versé et au sacrifice de la jeunesse malgache. Il dénonce une “insulte au sang versé, à la mémoire des victimes, au sacrifice des jeunes et à la dignité nationale”.

Pour les autorités, honorer l’ancien président revient à minimiser la souffrance des familles endeuillées. Cela revient aussi à banaliser le soulèvement populaire qui a conduit à sa chute. Elles estiment que la mémoire nationale doit être protégée et respectée.

A DECOUVRIR : Migrants expulsés des USA : Eswatini devient le nouveau point de chute africain

La réception royale en Eswatini et ses répercussions politiques

Andry Rajoelina a récemment été reçu par le roi Mswati III au palais de Lozitha, dans le cadre d’une visite officielle. À l’issue de leur rencontre, le souverain a appelé à la “restauration immédiate de l’ordre constitutionnel” à Madagascar.

Cette déclaration a provoqué une vive réaction à Antananarivo. Les autorités la perçoivent comme une immixtion dans les affaires internes du pays. Elles craignent aussi qu’elle alimente les divisions politiques et ralentisse la transition.

Sous la direction du colonel Michael Randrianirina, Madagascar affirme poursuivre ses efforts pour préserver la souveraineté nationale et honorer la mémoire des victimes. Le gouvernement insiste sur sa volonté de garantir une stabilité durable. Il réaffirme que la justice historique, la dignité du peuple et la paix nationale resteront au cœur de son action.

Loick ADEGBOLA
Loick ADEGBOLAhttps://zyafrik.com
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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