La lutte contre Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo est confrontée à un nouveau défi. Des dizaines d’agents de santé du centre de traitement de Rwampara, dans la province de l’Ituri, ont cessé le travail pour dénoncer plusieurs semaines de salaires et de primes impayés, paralysant une partie de la réponse sanitaire.
Les soignants dénoncent des impayés depuis le début de l’épidémie
Lundi, les grévistes ont fermé l’hôpital général de Rwampara, bloqué la route menant à l’établissement et incendié des pneus devant l’entrée principale pour attirer l’attention des autorités.
Le mouvement rassemble des épidémiologistes, des enquêteurs sanitaires, des chauffeurs, des agents communautaires et des membres des équipes chargées des enterrements sécurisés. Tous affirment ne pas avoir perçu leurs rémunérations depuis le déclenchement de l’épidémie d’Ebola en mai.
« Nous n’avons pas été payés. Cela fait 45 jours », déplore Olivier Duciel, membre d’une équipe de sensibilisation. Selon lui, les promesses des autorités n’ont toujours pas été suivies d’effet.
La colère est également palpable chez les équipes chargées des enterrements, exposées quotidiennement au virus. « Nous enterrons des personnes mortes d’Ebola dans des sacs en plastique pour nous protéger », explique John Bahati Nguna, avant de dénoncer le décalage entre les responsables venus de Kinshasa et les réalités du terrain.
Une épidémie toujours active sans vaccin ni traitement homologué
La République démocratique du Congo a officiellement déclaré cette nouvelle épidémie d’Ebola le 15 mai, bien que le virus circulait déjà depuis plusieurs semaines, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
L’épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement approuvé n’est actuellement disponible. Cette situation rend les mesures de surveillance, d’isolement des cas, de sensibilisation des populations et d’enterrements sécurisés encore plus déterminantes pour limiter la propagation de la maladie.
La grève du personnel intervient donc à un moment particulièrement sensible. L’arrêt des activités de plusieurs équipes de terrain risque de ralentir les enquêtes épidémiologiques, le suivi des contacts et les interventions auprès des communautés, des éléments essentiels pour contenir la flambée.
À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas annoncé de calendrier de paiement ni de mesures destinées à mettre fin au mouvement social, alors que les équipes médicales réclament une régularisation rapide de leur situation afin de reprendre pleinement la lutte contre Ebola.




