Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) appelle les États-Unis à lever les restrictions de voyage imposées à l’Ouganda dans le cadre de l’épidémie d’Ebola. Son directeur général, Jean Kaseya, estime que ces mesures ne se justifient plus pour Kampala et risquent de compliquer la réponse sanitaire sur le continent.
Africa CDC conteste les restrictions américaines
L’appel a été lancé lors d’un sommet de l’Union africaine consacré à la santé, organisé à Accra, au Ghana. Quelques jours auparavant, Washington avait renforcé les restrictions appliquées aux voyageurs en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Ouganda et du Soudan du Sud, en raison de l’épidémie d’Ebola.
Jean Kaseya a rappelé que l’Africa CDC ne soutenait pas les interdictions de voyage comme outil de lutte contre les épidémies. Selon lui, les expériences passées ont montré que ces mesures ralentissent l’acheminement du personnel médical et des fournitures sanitaires, tout en perturbant les échanges économiques.
Le responsable de l’agence a indiqué avoir adressé une lettre au secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy, afin de demander la levée des restrictions visant spécifiquement l’Ouganda. Il souligne que le pays n’a enregistré aucun nouveau cas d’Ebola depuis trois semaines et que son dernier patient est sorti du centre de traitement le 16 juillet.
« Il n’y a aucune raison pour que les États-Unis maintiennent cette restriction de voyage », a déclaré Jean Kaseya, ajoutant que les pays ne devraient pas être « punis » lorsqu’ils font preuve de transparence dans la déclaration des épidémies.
Une épidémie qui continue de mobiliser les autorités sanitaires
Malgré son opposition aux restrictions de déplacement, Africa CDC avertit que la situation épidémiologique reste préoccupante. « Si nous n’enrayons pas cette épidémie dès aujourd’hui, ce sera la pire que le monde ait jamais connue », a affirmé Jean Kaseya.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC comptabilise 2 344 cas confirmés d’Ebola et 930 décès depuis la déclaration de l’épidémie à la mi-mai. L’Ouganda a, pour sa part, signalé 20 cas et deux décès, principalement parmi des ressortissants congolais ayant franchi la frontière.
Face à l’ampleur de la crise, Africa CDC estime désormais avoir besoin de 1,4 milliard de dollars pour contenir l’épidémie, contre une estimation initiale de 518 millions de dollars. À ce stade, les États africains se sont engagés à mobiliser environ 110 millions de dollars.
L’agence précise également que près de 97 000 personnes contacts devraient être suivies dans le cadre de la surveillance sanitaire, alors qu’environ 8 500 font actuellement l’objet d’un suivi. Ces discussions interviennent alors que les ministres africains de la Santé préparent une feuille de route destinée à renforcer les systèmes de santé, améliorer la préparation aux épidémies et accélérer les efforts en vue d’éliminer le sida d’ici 2030.




