Dans le comté de Taita-Taveta, au sud-est du Kenya, des communautés rurales misent sur l’apiculture et l’agroforesterie pour renforcer la protection de la biodiversité tout en diversifiant leurs revenus. Développées à proximité des parcs nationaux, ces initiatives cherchent à limiter les conflits entre les populations et la faune sauvage, notamment les éléphants, grâce à des ruchers communautaires et à la plantation d’arbres mellifères.
Les abeilles au service de la coexistence entre agriculteurs et faune sauvage
Mis en lumière par l’émission Afrique Économie de RFI, ces projets transforment progressivement les zones agricoles situées en bordure des réserves naturelles. Les ruches jouent un double rôle : elles constituent une source de revenus grâce à la production de miel et servent de barrière naturelle pour dissuader les éléphants de pénétrer dans les cultures.
Les communautés locales développent également des systèmes agroforestiers associant arbres et cultures. Cette approche favorise la création d’habitats pour les pollinisateurs, tout en préservant des corridors écologiques pour les espèces sauvages présentes dans la région, comme les éléphants, les zèbres et les girafes.
Les promoteurs de ces initiatives estiment que la conservation d’arbres mellifères et la réduction de l’utilisation des pesticides renforcent la disponibilité en nectar et en pollen, améliorant ainsi la productivité des ruchers et la résilience des exploitations agricoles.
Des projets appelés à se structurer davantage
Les acteurs du secteur soulignent que le développement durable de cette filière passe par la formation des apiculteurs à la gestion des colonies, au contrôle sanitaire des ruches et à la traçabilité du miel afin de répondre aux exigences des marchés formels.
Les spécialistes rappellent également que les performances des ruchers dépendent de la préservation des arbres indigènes et de l’extension des espaces agroforestiers, un enjeu qui nourrit les débats sur l’utilisation des terres agricoles dans cette région du Kenya.
Les prochaines discussions entre les communautés, les autorités locales et les opérateurs du secteur touristique porteront notamment sur la sécurisation foncière des parcelles engagées dans ces projets, la création de coopératives apicoles capables de mieux valoriser la production de miel et l’intégration de ces initiatives aux dispositifs nationaux de compensation des dégâts causés par la faune sauvage.
À travers cette approche, Taita-Taveta expérimente un modèle qui associe protection de la biodiversité, développement économique local et adaptation aux enjeux environnementaux, en faisant de l’apiculture un outil de gestion durable des territoires ruraux.




