Mort de Claude Pivi : une figure clé du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée

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La mort de Claude Pivi a été annoncé dans la soirée du mardi 6 janvier 2026 par le parquet général de Guinée Conakry. Ancien colonel et proche collaborateur de Moussa Dadis Camara, il purgeait une peine de prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Sa mort survient plus de quinze ans après le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

Un acteur central du massacre du 28 septembre 2009

Claude Pivi comptait parmi les figures militaires les plus redoutées du régime de transition dirigé par Moussa Dadis Camara entre 2008 et 2009. Son nom reste étroitement associé à la répression sanglante d’un rassemblement de l’opposition. En effet, son rôle au sein de l’appareil sécuritaire avait suscité de fortes craintes.

Une condamnation historique pour crimes contre l’humanité

Lors du procès du massacre du 28 septembre 2009, la justice guinéenne a reconnu Claude Pivi coupable de crimes contre l’humanité. Elle l’a condamné à la prison à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans. Les faits jugés concernaient la violente répression d’un meeting politique organisé au stade de Conakry. Ce jour-là, au moins 156 personnes ont perdu la vie. De plus, les forces armées ont fait des centaines de blessés. Elles ont aussi commis de nombreux viols.

Cette condamnation a marqué un tournant majeur pour la justice guinéenne. En effet, elle symbolisait une volonté affirmée de lutter contre l’impunité. Ainsi, l’État cherchait à répondre aux attentes des victimes et de leurs familles.

Une évasion spectaculaire suivie d’une arrestation

Cependant, après sa condamnation, Claude Pivi s’est évadé de prison le 4 novembre 2023. Des hommes armés ont mené une opération spectaculaire. Cette attaque a permis la fuite de plusieurs accusés, dont Moussa Dadis Camara. Par la suite, Claude Pivi est resté en cavale pendant plusieurs mois. Finalement, les autorités l’ont localisé au Libéria. Elles l’ont arrêté, puis extradé vers la Guinée le 17 septembre 2024.

Depuis son retour, il purgeait sa peine dans la prison de haute sécurité de Coyah, près de Conakry. Les autorités espéraient alors clore définitivement ce volet judiciaire.

Une mort en détention qui relance les débats

Le décès de Claude Pivi est intervenu alors qu’il se trouvait sous la garde de l’État guinéen. Selon le parquet général, son état de santé s’est rapidement détérioré. Cette situation soulève aujourd’hui de nouvelles interrogations.

Selon le procureur près la cour d’appel de Conakry, les services pénitentiaires ont transféré Claude Pivi en urgence dans un hôpital militaire. Son diabète aurait provoqué de graves complications. Malgré la prise en charge médicale, il est décédé peu après son admission. Toutefois, cette annonce a rapidement suscité des réactions dans l’opinion publique. Certains observateurs questionnent désormais les conditions de suivi sanitaire en milieu carcéral.

Une figure crainte et entourée de mythes

Surnommé « Coplan », Claude Pivi inspirait la crainte. En Guinée, de nombreuses légendes urbaines entouraient son nom. Certaines personnes lui prêtaient même des pouvoirs mystiques. Cette réputation a renforcé son image au sein de l’armée. Elle a aussi marqué durablement l’imaginaire collectif.

La mort de Claude Pivi referme un chapitre sombre de l’histoire de la Guinée Conakry, mais qui ne s’effacera jamais. Toutefois, il ne met pas un terme aux attentes des victimes du massacre du 28 septembre 2009. Celles-ci continuent de réclamer vérité, justice et mémoire.

Loick ADEGBOLA
Loick ADEGBOLAhttps://zyafrik.com
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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