Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a déclenché une vive polémique au Nigeria. Le propriétaire de la plus grande raffinerie du continent accuse le régulateur pétrolier national de corruption. Cette sortie publique intervient dans un contexte déjà tendu autour de la politique d’importation de carburant.
Des accusations de corruption au cœur du débat public
Lors d’une conférence de presse tenue à Lekki, à Lagos, Aliko Dangote a directement mis en cause Farouk Ahmed. Ce dernier dirige l’Autorité nigériane de régulation du pétrole midstream et downstream, la NMDPRA. Selon l’industriel, le responsable public aurait engagé près de cinq millions de dollars pour la scolarité de ses quatre enfants en Suisse.
Pour Dangote, une telle dépense ne correspond pas aux revenus d’un fonctionnaire de carrière. Il a déclaré : « Vous ne pouvez pas imaginer quelqu’un payer 5 millions de dollars juste pour éduquer quatre enfants dans le secondaire à l’étranger ». Dès lors, il a appelé à l’ouverture d’une enquête officielle par les autorités compétentes.
Par ailleurs, l’homme d’affaires a insisté sur les conséquences institutionnelles de cette affaire. Selon lui, ce dossier risque d’affaiblir la confiance des citoyens et des investisseurs. Il estime également que Farouk Ahmed doit rendre des comptes. À ses yeux, la situation équivaut à un « sabotage économique ».
De son côté, le directeur de la NMDPRA rejette ces accusations. Il affirme agir dans la transparence. Toutefois, cette confrontation place désormais le secteur pétrolier au centre du débat national.
Importations de carburant : un conflit stratégique majeur
Au-delà des soupçons de corruption, le différend porte surtout sur la stratégie énergétique du Nigeria. Aliko Dangote reproche au régulateur de favoriser les importations de carburant à bas prix. Pourtant, le Nigeria reste le premier producteur de pétrole brut en Afrique.
Cependant, le pays dépend toujours fortement des produits raffinés importés. Justement, Dangote a construit sa raffinerie de Lekki pour changer cette situation. Le site affiche une capacité de 650 000 barils par jour. L’objectif consiste à réduire la dépendance extérieure et préserver les devises étrangères.
Selon Dangote, les décisions de la NMDPRA fragilisent les raffineries locales. Elles limiteraient aussi le potentiel industriel du pays. En réponse, Farouk Ahmed soutient que la production nationale ne suffit pas encore. Il affirme même que la raffinerie de Dangote ne couvre pas toute la demande. L’industriel nigérian voit plus loin. Le 14 décembre, il a annoncé un projet d’extension majeur. Sa raffinerie pourrait atteindre 1,4 million de barils par jour en trois ans. Avec cette ambition, Dangote souhaite faire du Nigeria un acteur central du raffinage mondial.




