Dans un contexte de crises multiples, la coopération entre l’ONU et l’Union africaine prend une dimension stratégique. À New York, le Conseil de sécurité a consacré une session entière à ce partenariat, posant les bases d’une réponse multilatérale aux défis croissants du continent africain.
L’ONU et l’Union africaine unissent leurs forces face aux menaces régionales
Réunis au siège des Nations unies, les membres du Conseil de sécurité ont examiné la dynamique de collaboration entre l’ONU et l’Union africaine. Parfait Onanga‑Anyanga, représentant spécial de l’ONU auprès de l’UA, a rappelé que ce partenariat trilatéral — ONU, UA et communautés régionales — constitue un socle fondamental pour faire face aux menaces complexes auxquelles l’Afrique est confrontée. Il s’agit, selon ses mots, d’un levier de « multilatéralisme efficace », capable d’articuler prévention, réponse rapide et engagement diplomatique.
L’architecture de paix africaine, renforcée par le soutien onusien, vise à stabiliser les régions vulnérables tout en encourageant des solutions adaptées au terrain. Cette approche implique une coopération plus étroite entre les institutions, mais aussi une implication accrue des États membres africains dans la gestion de leurs crises internes.
Instabilité, climat, gouvernance : les fronts du combat africain
Au cœur des discussions, Martha Pobee, Sous-Secrétaire générale aux affaires africaines, a dressé un état des lieux préoccupant. Les racines des conflits africains, selon elle, sont multiples : effondrement de l’autorité de l’État, radicalisation, inégalités économiques, mauvaise gouvernance des ressources, mais aussi effets tangibles du changement climatique. Cette dernière dimension, trop souvent marginalisée, agit comme un multiplicateur de risques, fragilisant encore davantage des sociétés déjà éprouvées.
L’ambassadeur égyptien auprès de l’Union africaine a insisté sur un point souvent ignoré : les violences faites aux femmes et aux filles ne sont pas seulement une conséquence des conflits, elles en sont aussi un facteur aggravant. Cette réalité appelle des réponses systémiques, sensibles au genre, intégrées dans les politiques de sécurité.
Dans ce paysage fragmenté, des signaux encourageants émergent. Onanga‑Anyanga a salué les récentes élections libres au Ghana, au Malawi, au Botswana ou encore à Maurice. Ces scrutins, bien que fragiles, illustrent une résilience démocratique qu’il convient de soutenir à long terme. Le diplomate a ainsi plaidé pour une intensification du dialogue entre partenaires africains et internationaux, dans une logique de consensus.
Alors que le continent est confronté à une combinaison de menaces sécuritaires et environnementales, la coopération entre l’ONU et l’Union africaine pourrait s’imposer comme un modèle de gouvernance partagée. Reste à transformer ces ambitions diplomatiques en engagements concrets, portés par une vision commune et ancrés dans les réalités locales.




