Tidjane Thiam : les procès qui menacent sa présidence du PDCI

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À moins d’un mois d’un verdict très attendu, Tidjane Thiam reste confronté à plusieurs contestations judiciaires autour de sa présidence du PDCI-RDA. Ces procédures révèlent surtout des fractures internes que le parti tente de contenir tout en préparant sa reconstruction politique après la présidentielle de 2025.

Tidjane Thiam attend désormais le verdict du 22 octobre

Le Tribunal de première instance d’Abidjan doit rendre sa décision le 22 octobre 2026 dans les procédures engagées par Charles Abié Tchétché et Siaba Antoine Constant. Les deux dossiers, initialement distincts, ont été joints par le tribunal lors de l’audience du 30 juillet.

Les requérants contestent notamment la régularité du congrès extraordinaire qui a porté Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA. Ils demandent à la justice de tirer les conséquences des irrégularités qu’ils affirment avoir identifiées, avec parmi les scénarios évoqués l’annulation de résolutions du congrès ou la constatation d’une vacance à la tête du parti.

La défense conteste pour sa part la qualité à agir de certains plaignants. Les responsables du PDCI affirment notamment que ceux-ci ne seraient pas à jour de leurs cotisations ou auraient fait l’objet de sanctions internes. Ces arguments doivent désormais être départagés par le tribunal.

Une nouvelle procédure ajoute de la pression judiciaire

L’échéance du 22 octobre ne clôt pas nécessairement le feuilleton. Début septembre, une nouvelle assignation attribuée à Antoine Siaba a été signalée devant le tribunal d’Abidjan. Elle porterait à nouveau sur les conditions dans lesquelles Tidjane Thiam a présenté sa candidature à la direction du parti.

Cette succession de recours trouve son origine dans un problème qui poursuit l’ancien patron de Credit Suisse depuis son arrivée à la tête du PDCI. Lors de sa première élection en décembre 2023, il possédait encore la nationalité française, alors que les statuts de la formation imposaient certaines conditions de nationalité à son président.

Un jugement rendu en mai 2025 avait reconnu une irrégularité liée à cette situation. Tidjane Thiam avait cependant démissionné de la présidence, puis s’était présenté à nouveau après avoir renoncé à sa nationalité française. Il avait ensuite été réélu lors d’un nouveau congrès.

Les nouvelles procédures cherchent précisément à déterminer si cette séquence a effectivement régularisé sa situation au regard des règles internes du PDCI.

Le PDCI tente de contenir ses divisions internes

Au-delà du droit, l’affaire met en lumière une bataille politique au sein de la plus ancienne formation ivoirienne. Des cadres contestent ouvertement Tidjane Thiam, tandis que la direction présente ces procédures comme l’action d’une minorité et appelle ses militants au calme.

Après le report du verdict, le parti a déclaré respecter « le temps de la justice » et réaffirmé son attachement à l’État de droit. Il a parallèlement demandé à ses adhérents de rester disciplinés et mobilisés.

Des tensions apparaissent également à l’échelon local. À Agboville, par exemple, des responsables ont récemment dû intervenir publiquement pour rappeler les règles d’organisation et d’autorité internes après des initiatives contestées par la hiérarchie locale.

Les 80 ans du PDCI deviennent une démonstration d’unité

La direction cherche parallèlement à replacer le débat sur le terrain politique. Créé le 9 avril 1946, le PDCI célèbre cette année ses 80 ans à travers plusieurs manifestations organisées dans le pays.

À Korhogo, le 12 septembre, le parti a utilisé cet anniversaire pour afficher sa capacité de mobilisation dans le nord de la Côte d’Ivoire et réaffirmer son soutien à Tidjane Thiam. Le secrétaire exécutif Yapo Calice l’a présenté comme l’homme capable de conduire la formation vers une reconquête du pouvoir.

Tidjane Thiam adopte parallèlement une stratégie d’apaisement. Dès avril, il insistait sur « une culture de la paix et du dialogue » et saluait la présence d’un représentant du chef de l’État lors du lancement des célébrations du parti.

Cette ligne contraste avec ses critiques à l’égard des procédures judiciaires. En août, il avait notamment souligné les responsabilités exercées au RHDP par l’avocat de certains plaignants. Il s’agit toutefois d’un argument politique avancé par Tidjane Thiam, et non d’une preuve que le pouvoir dirige les recours contre lui.

Le 22 octobre constituera donc une étape décisive, mais probablement pas la dernière. Pour Tidjane Thiam, l’enjeu dépasse désormais son maintien formel à la présidence. Il doit aussi préserver l’autorité nécessaire pour réunifier un PDCI dont les contentieux judiciaires exposent au grand jour les divisions.

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