Le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal veulent réduire les coûts des communications mobiles pour leurs ressortissants en déplacement. Trois accords bilatéraux de roaming, signés le 23 octobre 2026 à Ouagadougou, doivent faciliter l’utilisation des appels, des SMS et d’Internet mobile entre ces pays.
Trois accords pour réduire les frais de roaming en Afrique de l’Ouest
Les voyageurs circulant entre le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal pourraient bientôt bénéficier de conditions plus avantageuses pour utiliser leur téléphone portable à l’étranger.
Les autorités de régulation des télécommunications ont signé trois accords bilatéraux d’itinérance mobile, également appelée roaming, sous l’égide de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
La cérémonie s’est déroulée à Ouagadougou, sous la présidence d’Aminata Zerbo/Sabané, ministre burkinabè de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques.
Les conventions concernent les relations entre le Burkina Faso et chacun des trois pays partenaires. Elles visent à améliorer l’accès aux services mobiles tout en limitant les surcoûts liés aux déplacements transfrontaliers.
Le roaming permet à un utilisateur de conserver sa carte SIM habituelle lorsqu’il voyage dans un autre pays. Son téléphone se connecte alors au réseau d’un opérateur partenaire pour passer des appels, envoyer des messages ou accéder à Internet.
Cependant, ce service peut entraîner des frais supplémentaires, parfois importants. Les nouveaux accords cherchent précisément à rendre ces communications plus accessibles et transparentes.
Quels changements pour les abonnés des quatre pays ?
L’objectif principal est de permettre aux utilisateurs de rester connectés sans supporter des coûts de communication excessifs lorsqu’ils franchissent une frontière.
Un abonné burkinabè voyageant au Bénin, en Côte d’Ivoire ou au Sénégal pourrait ainsi profiter de conditions tarifaires plus favorables. Le principe doit également bénéficier aux abonnés de ces trois pays lorsqu’ils séjournent au Burkina Faso.
Cette évolution intéresse particulièrement les commerçants, les transporteurs, les étudiants et les professionnels qui effectuent régulièrement des déplacements dans la sous-région.
Pour ces utilisateurs, la possibilité de conserver leur numéro habituel facilite les échanges avec les clients, les partenaires commerciaux ou les proches.
Toutefois, les autorités n’ont pas encore communiqué de grille tarifaire détaillée permettant de mesurer précisément les économies attendues.
Aucune réduction chiffrée applicable à tous les abonnés ne peut donc être annoncée à ce stade. Les modalités commerciales, les réseaux concernés et les éventuelles restrictions devront être précisées lors de la mise en œuvre.
La signature des conventions ne signifie pas non plus que les nouveaux tarifs sont déjà disponibles chez tous les opérateurs.
L’UEMOA veut accélérer l’intégration numérique régionale
Ces accords s’inscrivent dans une démarche plus large visant à améliorer la circulation des services numériques au sein de l’UEMOA.
Ils interviennent après la deuxième session du Comité des régulateurs nationaux du numérique, organisée du 20 au 22 octobre 2026 à Ouagadougou.
Les discussions ont notamment porté sur l’itinérance communautaire, la mutualisation des infrastructures de télécommunications et la régulation des services financiers numériques.
Pour Mamadú Serifo Jaquité, commissaire de l’UEMOA chargé du Développement humain, ces initiatives doivent contribuer à rendre l’intégration régionale plus concrète dans la vie quotidienne des populations.
La démarche rejoint les ambitions du plan stratégique IMPACT 2030 de la Commission de l’UEMOA, qui vise notamment à renforcer la coopération et la transformation économique dans l’espace communautaire.
L’amélioration du roaming présente également un intérêt économique. Des communications plus accessibles pourraient faciliter les échanges commerciaux et les déplacements professionnels entre les pays concernés.
L’enjeu dépasse donc la simple réduction des factures téléphoniques. Il concerne aussi l’accès aux services numériques et la continuité des activités économiques au-delà des frontières nationales.
Quand les nouveaux tarifs de roaming seront-ils appliqués ?
La principale incertitude concerne désormais le calendrier d’application des accords.
Lors de la cérémonie, Aminata Zerbo/Sabané a demandé aux autorités de régulation et aux opérateurs de renforcer leur coordination afin de garantir le respect des engagements.
La ministre a également insisté sur la nécessité d’informer clairement les consommateurs des conditions techniques et commerciales, ainsi que des démarches à suivre en cas de difficulté.
Wendlassida Patrice Compaoré, secrétaire exécutif de l’ARCEP du Burkina Faso et président en exercice du Comité des régulateurs nationaux du numérique, a rappelé que les résultats devront être appréciés à travers les avantages réellement obtenus par les usagers.
Plusieurs éléments permettront de mesurer les progrès : les tarifs effectivement pratiqués, la qualité des communications, l’utilisation des services et le nombre de liaisons bilatérales opérationnelles.
Pour les abonnés, la prochaine étape consistera donc à connaître les offres commerciales proposées par leurs opérateurs.
Les accords du 23 octobre constituent une avancée réglementaire pour les télécommunications en Afrique de l’Ouest. Leur véritable portée dépendra néanmoins de leur application effective et de la baisse des coûts constatée par les consommateurs.




