La Tanzanie s’impose comme le principal pôle de transformation de noix de cajou en Afrique de l’Est en 2025. Selon les estimations du cabinet N’kalô, le pays concentre plus de la moitié des volumes transformés dans la région. Cette progression intervient dans un contexte paradoxal où l’activité de transformation recule globalement dans plusieurs pays d’Afrique orientale, malgré l’importance de la production régionale d’anacarde. Les détails.
Une forte progression portée par la filière tanzanienne
Les données publiées par N’kalô indiquent que les pays d’Afrique de l’Est ont transformé environ 38 500 tonnes de noix de cajou en 2025. Ce volume progresse légèrement par rapport à l’année précédente, mais la hausse repose presque exclusivement sur les performances de la Tanzanie.
La filière tanzanienne a traité près de 20 000 tonnes de noix sur la période, soit une augmentation spectaculaire de 67 pour cent en un an. Ce niveau constitue le meilleur résultat enregistré par le pays au cours des cinq dernières années et représente environ 52 pour cent du volume total transformé dans la région.

Cette dynamique s’explique en grande partie par l’abondance de la matière première disponible sur le marché intérieur. Pour la campagne 2025 2026, les autorités tanzaniennes anticipaient une récolte record d’environ 700 000 tonnes, ce qui renforce l’approvisionnement des unités industrielles locales.
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Les autres producteurs régionaux en retrait
Derrière la Tanzanie, le Mozambique occupe la deuxième position avec environ 15 000 tonnes transformées en 2025. Cette performance reste toutefois en net recul puisque l’activité de transformation y a chuté de près de 28 pour cent sur un an.
La situation apparaît encore plus limitée dans d’autres pays de la région. Au Kenya, la transformation stagne autour de 2 500 tonnes tandis que Madagascar ne dépasse pas 1 000 tonnes. Ces niveaux restent modestes comparés aux capacités industrielles installées, notamment au Kenya où les infrastructures pourraient traiter plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an.
Dans ce pays, le principal obstacle réside dans la faiblesse de la production nationale. La récolte n’a atteint qu’un peu plus de 7 800 tonnes en 2024, un volume insuffisant pour alimenter les usines existantes. Les autorités ont d’ailleurs annoncé un programme de relance destiné à stimuler la production et à relancer la transformation locale.
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Un potentiel industriel encore largement inexploité
Malgré la progression observée en Tanzanie, la transformation de la noix de cajou en Afrique de l’Est reste globalement sous exploitée. Les données montrent même une tendance à la baisse sur plusieurs années. Le volume transformé dans la région est passé d’environ 62 750 tonnes en 2020 à un peu plus de 35 000 tonnes en 2024.
Cette contraction s’explique principalement par la chute de l’activité au Mozambique, qui figurait autrefois parmi les acteurs majeurs de la transformation. En 2020, le pays transformait encore près de 40 000 tonnes de noix de cajou.
Face à ces défis, la Tanzanie tente d’accélérer son industrialisation dans la filière anacarde. Le gouvernement a lancé la construction d’un parc agro industriel dédié à la transformation dans la région de Mtwara avec l’appui du groupe Arise IIP. L’objectif consiste à développer des capacités industrielles capables de traiter jusqu’à 600 000 tonnes de noix à terme.
Cette stratégie reflète un enjeu majeur pour le continent. L’Afrique reste le premier producteur mondial de noix de cajou mais continue d’exporter l’essentiel de sa récolte à l’état brut. Le développement d’industries de transformation locales pourrait permettre de capter davantage de valeur ajoutée et de renforcer la compétitivité des filières agricoles africaines.




