Le moment approche à grands pas. Dans trois jours, le 12 avril 2026, les Béninois éliront leur nouveau président. La présidentielle béninoise de 2026 est historique. Pour la première fois en dix ans, Patrice Talon ne sera pas sur le bulletin de vote. Deux binômes seulement s’affrontent pour lui succéder.
Un système président–vice-président inédit
Le Bénin a adopté une nouvelle règle électorale. Chaque candidat se présente désormais avec un colistier. Ce binôme président–vice-président est voté ensemble. C’est une nouveauté qui structure entièrement ce scrutin.
Deux binômes sont en lice. D’un côté, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata. De l’autre, Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou. Le choix est simple. Les lignes sont clairement définies.
Wadagni/Talata : héritiers de l’ère Talon
Le binôme Wadagni/Talata incarne la continuité. Romuald Wadagni était ministre des Finances sous Patrice Talon. Il connaît parfaitement les dossiers économiques. Il bénéficie du soutien implicite du président sortant.
Cependant, une partie de l’électorat reste réservée. Certains perçoivent Wadagni comme un candidat imposé par Talon. Ce sentiment alimente un certain désenchantement. Il explique aussi le faible engouement observé en début de campagne.
Malgré tout, la dynamique s’est accélérée sur le terrain. Les caravanes motorisées se multiplient. Les rassemblements se sont intensifiés. Cinq centrales syndicales ont officiellement appelé à voter Wadagni/Talata. C’est un soutien significatif à trois jours du scrutin.
Hounkpè/Hounwanou : une opposition déterminée
En face, le binôme Hounkpè/Hounwanou représente l’alternance. Paul Hounkpè est issu des FCBE, Forces Cauris pour un Bénin Émergent. Son projet de société s’intitule « Rebâtir ensemble la fierté béninoise ». Il a lancé sa campagne le 29 mars 2026 à Doutou, dans la commune de Houéyogbé.
Toutefois, l’opposition souffre de ses propres faiblesses. La candidature de Renaud Agbodjo, portée par les Démocrates de Thomas Boni Yayi, a été rejetée par la Cour constitutionnelle. Cette décision a fragilisé l’opposition. Et elle a réduit le scrutin à un duel à deux.
Néanmoins, Hounkpè/Hounwanou ont sillonné tout le territoire. Ils ont porté leur message jusqu’au nord du Bénin, malgré les tensions sécuritaires. C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de l’électorat.
Une campagne officielle qui s’achève vendredi
La campagne électorale a débuté le 27 mars 2026. Elle s’achèvera officiellement le 10 avril à minuit. Les deux binômes intensifient donc leurs actions ces dernières heures. Chaque voix compte désormais.
Par ailleurs, le contexte sécuritaire reste préoccupant. Le nord du pays est exposé aux attaques terroristes. Des dispositifs spéciaux ont été mis en place. La CENA supervise l’ensemble des opérations électorales.
Dans trois jours, le Bénin tourne une page
Ce scrutin est bien plus qu’une simple élection. C’est une transition majeure. Le Bénin va élire son président pour un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois. Une réforme constitutionnelle récente a introduit ce septennat.
Continuité avec Wadagni/Talata ou alternance avec Hounkpè/Hounwanou ? Le 12 avril, les urnes décideront.
A LIRE AUSSI : Présidentielle de 2026 en Ouganda : tensions et violences post‑scrutin




