En début de semaine, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), annonce le retrait définitif de son parti de la Coalition pour une alternative pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI). Cette décision marque la fin d’un chapitre important dans la dynamique de l’opposition et ouvre, en plus, de nouvelles interrogations sur l’avenir des alliances politiques.
Un retrait motivé par la cohérence interne du Cojep
Dans une note publiée ce lundi, Charles Blé Goudé rappelle que son parti avait déjà suspendu sa participation aux activités de la CAP-CI à l’issue de la Convention du Cojep, organisée le 4 octobre 2025 à Yamoussoukro. Cette suspension visait à maintenir la cohérence avec la ligne non électoraliste adoptée par la coalition. Le Cojep avait pourtant choisi de soutenir la candidature de Dr Simone Ehivet à la présidentielle du 25 octobre.
Pour Blé Goudé, cette position devait rester conforme aux engagements pris au sein de la CAP-CI. « Par ladite suspension, le Cojep tenait surtout à ne pas trahir sa signature, preuve de son engagement à respecter les textes de la CAP-CI », affirme-t-il. Il insiste sur le respect des principes fondateurs de son parti. Il évoque aussi la nécessité d’éviter toute contradiction interne. Le Cojep ne voit donc plus de raison valable pour rester dans la coalition, maintenant que la page de l’élection est tournée.
Le leader du Cojep souligne avoir beaucoup appris auprès des autres formations politiques réunies au sein de la CAP-CI. Il évoque une « période décisive de l’histoire » du pays, où le partage d’expériences a joué un rôle essentiel. Cependant, il estime que « les conditions d’une collaboration sincère ne sont malheureusement plus réunies ». Cette précision montre la profondeur de la rupture.
Une opposition fragmentée après la présidentielle de 2025
Ce retrait du Cojep intervient dans un contexte où l’opposition ivoirienne tente encore de définir une stratégie commune après la victoire du président Alassane Ouattara. La coalition avait affiché une unité fragile pendant la campagne. Cela s’était traduit par des divergences internes répétées. Le soutien de certains partis à Simone Ehivet avait déjà mis en lumière plusieurs tensions. Le PDCI, membre influent de la CAP-CI, n’avait pas soutenu la candidature de Simone Ehivet. En raison de son alliance stratégique avec le PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo avait choisi de boycotter le scrutin présidentiel. Ce choix a affaibli la cohésion du front de l’opposition. Il a aussi réduit la portée de la candidature soutenue par le Cojep.
Les tensions internes, la méfiance croissante entre partenaires et l’absence d’une vision commune après l’élection ont pesé lourd dans la décision du Cojep. Blé Goudé privilégie désormais le respect des valeurs fondatrices de son parti. Il souhaite aussi clarifier la trajectoire politique de son mouvement en dehors de la CAP-CI. L’opposition réfléchit encore à son avenir. La décision du Cojep pourrait donc modifier les équilibres actuels. La recomposition politique ivoirienne se poursuit, et les prochaines étapes permettront d’évaluer l’impact réel de ce retrait sur le rapport de force.




