Côte d’Ivoire : 2 milliards de FCFA pour réinsérer les migrants

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La Côte d’Ivoire veut mobiliser deux milliards de FCFA pour financer KITLANY, un programme destiné à faciliter la réinsertion professionnelle des migrants de retour. Présenté le 29 octobre 2026 à Abidjan, ce projet pilote prévoit d’accompagner 300 personnes et de créer 150 emplois directs, à condition de réunir les financements nécessaires.

KITLANY : un programme pour accompagner 300 migrants et jeunes

Le gouvernement ivoirien cherche à transformer le retour des migrants en opportunité économique. Pour y parvenir, il mise sur KITLANY, une initiative portée par la plateforme internationale Stay in Africa, en partenariat avec les acteurs publics.

Le programme doit se dérouler sur une période de 18 à 24 mois. Son budget prévisionnel atteint trois millions d’euros, soit environ deux milliards de FCFA.

Les bénéficiaires seront répartis en deux catégories : 200 migrants revenus en Côte d’Ivoire et 100 jeunes vivant dans des territoires particulièrement concernés par les dynamiques migratoires.

L’accompagnement prévu comprend plusieurs volets complémentaires :

  • Des formations pratiques pour développer les compétences professionnelles.
  • Un soutien psychosocial destiné aux personnes confrontées à des difficultés après leur retour.
  • Un accompagnement vers l’emploi et la création d’activités génératrices de revenus.
  • Des initiatives économiques dans le tourisme durable, les loisirs et la mobilité verte.

Le projet envisage notamment le déploiement de 50 véhicules hybrides et de 100 vélos électriques. Ces équipements doivent contribuer au développement de nouvelles activités économiques.

Selon les projections présentées par les autorités, KITLANY pourrait générer 150 emplois directs et bénéficier indirectement à 1 200 personnes. Ces résultats restent toutefois des objectifs, et non des réalisations déjà constatées.

Pourquoi la Côte d’Ivoire renforce la réintégration des migrants

L’initiative intervient alors que les besoins d’accompagnement des migrants de retour augmentent fortement dans le pays.

Le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, a présenté de nouveaux chiffres lors de la deuxième Conférence nationale sur la réintégration des migrants.

À fin septembre 2026, les autorités avaient pris en charge 4 125 migrants de retour, contre 2 313 sur l’ensemble de l’année 2025. Le nombre de migrants ayant bénéficié d’une assistance s’établissait également à 3 853 en 2026, contre 3 463 l’année précédente.

Ces données illustrent l’ampleur des besoins, sans permettre à elles seules de mesurer l’évolution globale des migrations ivoiriennes.

Le retour constitue souvent une première étape. Les personnes concernées doivent ensuite retrouver un logement, accéder à des revenus réguliers et reconstruire leur situation professionnelle.

La Côte d’Ivoire dispose déjà de programmes d’accompagnement, notamment avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un autre projet, MIGRET, bénéficie d’un financement de cinq millions d’euros de l’Agence française de développement pour renforcer la réintégration durable des personnes revenues au pays.

KITLANY entend compléter ces dispositifs en associant davantage les entreprises et les collectivités territoriales.

Deux milliards de FCFA recherchés auprès des partenaires

Le financement constitue désormais la principale condition de réalisation du projet.

Lors de la conférence organisée les 29 et 30 octobre à Abidjan, le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, a appelé les institutions financières, les entreprises et les partenaires au développement à soutenir cette initiative.

Représentant le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, il a défendu une approche économique de la migration.

« La migration ne doit plus être appréhendée sous le seul angle humanitaire, mais également comme un levier de développement territorial », a-t-il déclaré.

Deux tables rondes de bailleurs sont prévues pour présenter les besoins financiers et recueillir des engagements.

L’objectif immédiat consiste à obtenir des contributions couvrant plus de 50 % du budget recherché, soit plus d’un milliard de FCFA.

Il ne s’agit donc pas d’une enveloppe entièrement débloquée par l’État. Les deux milliards représentent le coût prévisionnel du programme, dont le financement reste à mobiliser.

Quels résultats attendre pour l’emploi des migrants ?

Au-delà des financements, la réussite de KITLANY dépendra de sa capacité à créer des activités économiquement viables.

La formation professionnelle ne suffira pas si les bénéficiaires ne disposent pas ensuite de débouchés, de clients ou de ressources pour développer leurs projets.

Le gouvernement souhaite également renforcer la coordination entre ministères, collectivités et entreprises. La création d’un fonds national de garantie dédié à la réintégration durable figure parmi les pistes envisagées.

Cette orientation pourrait faciliter l’accès au financement pour les migrants qui souhaitent entreprendre, sous réserve de sa concrétisation.

L’enjeu dépasse ainsi l’assistance au retour. Pour les autorités ivoiriennes, il s’agit désormais de permettre aux migrants de retrouver une autonomie financière tout en participant au développement économique de leurs territoires.

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